Chemin privé !
ENTREVAUX, UNE CITADELLE AU BORD DU VAR - 10

" En janvier 1693 et en novembre 1700, Vauban séjourna dans cette ville. Il en fit pas ses forts et ses remparts une place avancée du royaume de France. " (plaque aposée sur la porte Royale).

" Comme les situations des ces trois places (Colmars, Guillaumes et Entrevaux) sont toutes bossillés et également commandées de près et de loin des hauteurs qui les environnent, il n'y a qu'une méthode de fortification à y observer, qui est celle des tours bastionnées, des murailles couvertes un peu fortes, percées d'embrasures et de créneaux sans quoi il n'y a pas moyen de pouvoir demeurer aux défenses ". (Correspondance de Vauban à M. Le Peletier - Aperçu historique sur les fortifications, les ingénieurs et sur le corps du génie en France - par le colonel Augoyat - 1860).

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Entrevaux, Intervalles, en provençal Entrevaus ; ville de guerre, fituée sur la frontière du Comté de Nice, au-delà duVar, dans le diocèse de Glandèves dans le diftrict des terres adjacentes " (Géographie de la Provence, du comté venaissain ... pour faire fuite au dictionnaire de la Provence - par M. Achard, Médecin de Marseille, membre de plusieurs académies - 1787).

"Au XVIIème siècle, la France est en guerre contre l'Europe, l'évolution de l'artillerie et le siège des troupes de Charles Quint en 1536 ont montré l'insuffisance des anciennes fortifications médiévales d'Entrevaux. Louis XIV confie à Vauban la réalisation d'une ligne fortifiée dont Entrevaux fait partie, verrouillant ainsi l'accès à la moyenne Provence." (source : brochure de l'office du tourisme).

La porte Royale est l'entrée principale du village depuis 1658. Cette redoute, percée d'ouvertures côté route et de mâchicoulis n'était accessible qu'à l'aide d'une échelle.

Le très joli village d'Entrevaux. La cathédrale, construite de 1604 à 1667, est de style gothique provençal avec un coeur baroque, elle est dédiée à N-D de l'Assomption. Située à l'Est de la ville, elle est intégrée aux fortifications depuis la fin du XVIIème siècle.

Sur le pont franchissant le Var, on peut encore voir sur le garde-corps côté droit une excavation dans la pierre, servant de bénitier pour les passants qui se signaient au passage du pont.

En 1690, 2 tours arrondies sont construites de part et d'autre du pont ainsi qu'une bretèche à mâchicoulis située au dessus et recevant les deux flèches du pont-levis. Le pont fut relevé toutes les nuits jusqu'au milieu du 19ème siècle.

La porte d'Italie. Point faible du dispositif initial de fortification, elle vit notamment l'attaque des troupes de Charles Quint en 1536. Elle fut fortifiée par Vauban qui lui annexa un corps de garde avec échauguette (dont il ne reste que quelques traces), un pont-levis et des bouches d'artillerie. Elle s'oppose géographiquement à la porte de France située à l'ouest du village, elle aussi protégée par un pont-levis à deux flèches.


 
Le chemin d'accès à la citadelle commence devant la poudrière transformée aujourd'hui en petit musée retraçant l'histoire militaire d'Entrevaux ; ses 58 m² pouvaient contenir 9000 kg de poudre, danger inconsidéré pour la petite place d'Entrevaux.

Ce chemin, construit sur ordre de Vauban à partir de 1683, compte 9 rampes en zigzag qui sabrent le rocher pour  atteindre la citadelle située 156 m. plus haut. Avant sa construction, on ne pouvait accéder à la place forte qu'en sortant de la ville et en empruntant un chemin de montagne, le refuge des hommes et des bêtes était alors impossible.
 

Les 2ème et 3ème rampes communiquent aux deux fortins baptisés Fort Langrune et fort Pandol (photo ci-dessus), du nom de leur bâtisseur. La grande rampe et les rampes suivantes offrent de très belles vues plongeantes sur Entrevaux.
 


L'entrée de la citadelle est protégée par une redoute avec pont-levis à flèche datant de 1693 (on aperçoit la flèche sur la photo ci-dessus, en haut à droite).

Le Var en aval d'Entrevaux. Le fleuve se jette dans la mer Méditerranée sans avoir coulé dans le département qui porte aujourd'hui son nom (conséquence de l'annexion du comté de Nice (1860) et des réorganisations départementales). Il marqua la frontière entre la France et le royaume de Piémont-Sardaigne jusqu'au XIX siècle et coule principalement dans les Alpes-Maritimes à l'exception d'une brève incursion dans les Alpes-de-Haute-Provence à Entrevaux. 

 
La porte de secours, avec son corps de garde, communique avec l'arrière de la place forte par un autre pont-levis et un pont dormant jeté sur un fossé. Cette porte a elle aussi été créée par Vauban, la citadelle médiévale ne possédant auparavant qu'une seule entrée accessible à l'aide d'une échelle.


borne militaire
On trouve encore de nombreuses bornes polygonales ayant servi à la délimitation du domaine militaire du XIXème siècle. Numérotées, elles permettaient également le quadrillage du terrain. Certaines d'entre elles ont été récupérées et placées au coin des rues pour écarter les roues des charrettes (photo de gauche ci-dessous).
Entrevaux   
A droite, une borne frontière ayant servi à l'abornement de 1823 entre la France et le royaume de Piemont-Sardaigne. 77 bornes furent mises en place, dont 52 sous forme de petit monolithe comme celui de la photo. La borne numéro 1 est située au sommet du Rocher des trois Evêques dans la haute Tinée ; la borne 77 était au Pont de Saint Laurent du Var. Chaque borne porte d'un côté la croix de Savoie, de l'autre le lys de France. Sur la tranche est gravée l'année d'abornement et le numéro de la borne.
 
Des mitards, cachots pour officiers allemands construits pendant la première guerre mondiale.

Le four de la boulangerie et la chapelle de la citadelle.

Au sommet, la maison du commandant, appelée aussi le donjon, car située au plus haut. De grandes caves et trois citernes donnaient au château une capacité de résistance de plusieurs mois en cas de siège.



" Il est vrai que les Alpes ne sont pas des barrières suffisantes ; mais quand les passages sont bien reconnus, c'est beaucoup de n'y point trouver de portes cochères, mais seulement des guichets  qu'on peut aisément fermer, c'est à dire de très longs défilés, extrêmement étroits et pleins de haut et de bac, où il n'y a plus que des chevaux et des mulets qui y passent une partie de l'année, à quoi l'on remédiera très bien par toutes les fortifications proposées à ce dernier voyage. " (Lettre de M. Le Peletier à Vauban datée du 17 février 1693 - Aperçu historique sur les fortifications, les ingénieurs et sur le corps du génie en France- par le colonel Augoyat - 1860).

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