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De
Fabrégas à Saint-Mandrier-sur-Mer, les cales de La Verne et de Fabrégas |
| Saluons ici L’Association des Pescadous de La Verne et de Fabrégas qui « regroupe les usagers des cales à bateaux édifiées au début du XX° siècle aux abords de ces deux plages. À l’origine, ces cales étaient destinées à abriter des largades d’Est les embarcations des pêcheurs propulsées à la rame ou à la voile qui ne pouvaient rentrer au port tous les soirs. ... Ce patrimoine local unique sur nos côtes aurait pu disparaître sans la pugnacité des fondateurs de cette association qui réussirent à négocier avec les autorités pour conserver en place ces particularités paysagères ». (https://www.apvf.org). |
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Page 1 « En
pointu de Villefrance-sur-Mer
avec Jean Cocteau » -
Page 2 : Les cales de La Verne et de Fabrégas |
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" Un vapeur vous y mène. Sur le port au bas de la
petite rue Méridienne, se trouve l'embarcadère .. C'est l'heure du
départ ; la cloche du bord tinte. Les galeries se parent d'une joyeuse
floraison de robes claires et onduleuses .... Et les amarres sont
larguées. Les flancs du navire tressaillent, la machine trépide,
l'hélice tournoie soulevant des remous d'écume. Sous l'étrave
s'ébouriffe une moustache d'argent, une fine guipure entoure la coque,
à l'arrière s'attache un catogan neigeux, et la cheminée haute
s'empanache d'un plumet de jais qui balaye les eaux de son ombre
mouvante..." Nous sommes ici en 1901 (Toulon pittoresque, A.
Paul). Et plus d'un siècle après, quittons nous aussi Toulon en
bateau-bus,
direction Les
Sablettes... |

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Toujours en 1901, " Aujourd'hui, comme des îlots
abrupts s'escarpent les cuirassés, Leviathans modernes hérissés de
canons, de cheminées et de mâts militaires. Leurs flancs évasés et
noirs reluisent au soleil comme du métal blanc. Leur présence anime et
égayé la rade, donne lieu à un mouvement curieux de toute une flottille
de canots, de barques, de chaloupes, de vedettes, de bugalets, de
remorqueurs... " Et c'est encore vrai, le gris a remplacé le noir,
moins de canons, mais toujours des bateliers pour faire visiter la rade. |
| Nous croisons au niveau du fort Balaguier un bateau-bus qui effectue le trajet inverse, un moyen de transport pour le moins très agréable. Et pour l'histoire des forts de la rade de Toulon et autour, c'est ici. |
| Aquaculture(pisciculture, mytiliculture et
conchyliculture) en baie du Lazaret à La Seyne sur Mer. |
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L'Institut
de biologie marine Michel-Pacha
" L'Institut de biologie marine Michel-Pacha, aussi connu comme station de biologie maritime de Tamaris, rattaché à la faculté des sciences de l'Université de Lyon, puis, après la scission de 1969 à l'université Lyon I, était un centre de recherche en biologie ainsi que dans d'autres disciplines des sciences naturelles, localisé à Tamaris, sur la commune de La Seyne-sur-Mer. Il devait son nom au mécène Michel Pacha, capitaine au long cours puis homme d'affaires, qui a offert le terrain et les matériaux pour la construction de cet institut. Inauguré en 1900, il est l'œuvre de l'architecte suisse Paul Page, ami de Michel Pacha. " (Wikipédia) |
| Bulletin de l'Académie du Var en 1917 : " Mais, direz-vous,
pourquoi avoir mis sur le bâtiment de style mauresque, que vous avez
édifié pour vos recherches, le mot « biologie » qui intrigue tant de
gens, au lieu du mot « physiologie », que beaucoup de gens d'ailleurs,
n'auraient pas mieux compris ? le grand public ignorant généralement le
grec, comme la plupart de ceux qui l'apprennent dans nos écoles. Et
d'abord, pourquoi ce style oriental ? Prétendriez-vous que la biologie nous soit venue, comme tout le reste, de l'Orient, par les Grecs peut-être, ou par les Arabes ? Telle n'est pas la vraie raison : elle est beaucoup plus simple. J'ai voulu, grâce au savant concours de notre éminent architecte toulonnais, M. Paul Page, non seulement rappeler que notre premier donateur était Pacha, mais encore mettre en harmonie la construction avec le site, qui, au dire de beaucoup, ressemble assez au Bosphore. J'ai cherché à unir l'utile et l'agréable, à montrer que l'on pouvait faire de la science autre part que dans les monuments sortis des cartons officiels de notre Ecole Nationale, et faire servir leur architecture variée au développement du bon goût et au sens artistique dans les masses populaires et aussi chez les nouveaux riches. " (Le Laboratoire Maritime de Biologie de l'Université de Lyon à Tamaris-sur-mer ; Docteur Raphaël Dubois, directeur du laboratoire maritime de Biologie de Tamaris-sur-Mer, Professeur à l'Université de Lyon). |
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Villa
Capriciosa
On reste dans le style oriental avec la villa Capriciosa, toujours en baie de Tamaris, ancien "casino du Manteau" qui avait ouvert en 1905 assurant sa promotion " tous les jours : Bouillabaisse, Coquillages, Langoustes à l'américaine ; concerts et attractions. " ! La mort de Michel Pacha en 1907 précipite la fin d'années fastes à Tamaris, rebaptisé "villa Capriciosa" en 1917, l'édifice accueillit un temps une usine de traitement des moules, ou encore et étonnamment un canon de DCA allemande pendant la Seconde guerre mondiale. |
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Arrivée aux
Sablettes, tôt le matin, c'est toujours le meilleur moment. Mon
conseil, prenez y le petit-déjeuner.
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Les
cales de La Verne et Fabrégas
Ces cales étaient "destinées à abriter des largades d’Est (vent marin venant du large) les embarcations des pêcheurs propulsées à la rame ou à la voile qui ne pouvaient rentrer au port tous les soirs" ont été sauvegardées grâce à l'action indéfectible de l'Association des Pescadous de la Verne et de Frabrégas. Cette dernière a ainsi su négocier avec les autorités pour conserver ce patrimoine maritime unique des côtes varoises. "Les usagers de ces cales n’en sont aucunement propriétaires et payent annuellement leur emplacement. Il s’agit d’une Autorisation d’occupation temporaire du domaine public maritime. ... Les pointus y sont privilégiés et chaque locataire de l’espace est responsable du bon état de sa cale et de son environnement immédiat. " Passage obligatoire par le site de l'association APVF. |
![]() |
| Sur le panneau descriptif : " Edifiées au XXème siècle, les
anses de Fabrégas et de La Verne, sont ouvertes à la pleine mer sur la
partie occidentale de la péninsule de Sicié. Cette côte n'offre aux
bateaux qu'un abri précaire sur deux plages exposées à la houle et aux
vents d'Est venus du large. |
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L'anse de Fabrégas et sa cale.
" Pour être plus près des zones de pêche. Les
cales ont été créées par les pêcheurs de La Seyne et Saint Elme. Les
moyens de propulsion de leurs embarcations se résumant à la rame et
parfois à la voile, il leur était primordial de rester près des zones
de pêche durant la belle saison. " |
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" Construite pour défier les flots. " _________ " Jusqu'en 1935, les pêcheurs se contentaient de haler leurs bateaux sur la plage grâce à des treuils à main et à quelques rondins de bois. Les largades d'Est ont conduit à la création des cales dans le rochers. Des longs chemins de bois permettaient ainsi de tirer les embarcations hors de portée de la houle. La remontée des bateaux, qui se faisait encore grâce à une manivelle, a été simplifiée par un petit moteur fixé au sommet de ces rails. A partir de 1946, avec l'avènement de la motorisation et la disparition progressive du "petit métier" une partie de ces cales furent abandonnées, d'autres occupées par des particuliers. Les Affaire maritimes envisageaient même un temps de les détruire. " |
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" Une patrimoine exceptionnel sauvegardé et toujours
utilisé.
Ce patrimoine local unique sur nos côtes aurait
pu disparaître sans la pugnacité des fondateurs de cette association
qui réussirent à négocier avec les autorités pour conserver en place
ces particularités paysagères. Les usagers de ces cales n’en sont
aucunement propriétaires et payent annuellement leur emplacement. Il
s’agit d’une Autorisation d’Occupation Temporaire (AOT) du domaine
public maritime. L’attribution de ces cales ne peut se faire que par la
Direction Départementale de l’Équipement en relation avec l’APVF. Les
pointus y sont privilégiés et chaque locataire de l’espace est
responsable du bon état de sa cale et de son environnement immédiat. " |
| " L'association APVF. Forte d’une centaine de membres
amoureux de la mer et des vieux gréements l’APVF entretient une
convivialité bon enfant en organisant des promenades en pointus ainsi
que deux manifestations annuelles en juillet et août. " |
| " Une manière conviviale de faire
participer nos estivants à notre bonheur de vivre au bord de notre
belle bleue. " |

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Anse de
Fabrégas.
En 1931 : " Fabrégas, paisible village bon enfant, de labeur sans imprévu ou de repos sans protocole ; Fabrégas, perdu au bout de ta roule cul-de-sac, qui ne connait ni le gaz, ni l'électricité, ni l'eau de la Compagnie, mais où les ardentes bouillabaisses chantent sur les feux clairs de bois sec, et qui a l'eau fraîche de ses puits, pour rendre meilleur le frais pastis de l'apéritif. ... |
| ... " Fabrégas, joyau du littoral varois, mais encore caché dans sa gangue, je t'aime pour le grand délassement que me vaut, chaque été, ta paix heureuse, dans ton décor d'éternelle splendeur, entre les falaises de terre rouge plantées de hauts sapins, et la mer lumineuse qui s'étale, immobile miroir ou tapis argenté de crêtes blanchissantes, des pinèdes du Marigot à la massive avancée de Sicié, sous la garde immuable des noirs rochers jumeaux, les Deux-Frères. " Raymond Cuisinier (Le Dépêche de Brest, 1931). |
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Pointe de Mar Vivo, deux anciennes cuves antiaériennes
transformées en belvédère par TPM en 2021.
Le parcours est jalonné de très (très) nombreux
ouvrages militaires. Pendant la Seconde guerre mondiale, les
Allemands
modifient la batterie de Fabrégas, pour en faire une position
antiaérienne (batterie Seeadler) du Südwall, système de fortifications
côtières le long de la Méditerranée. Ces
cuves ont alors accueilli des canons
antiaériens de 20 mm type Flak 38. |
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Les " Deux Frères ", les deux frères.
Nous sommes revenus aux
Sablettes, direction Saint-Mandrier, on ne s'étendra pas sur notre
objectif de découverte des ouvrages militaires, préférant des paysages,
mais pas que... |

| On n'oublie pas de lever la tête. Ici, une mésange huppée. |

| Saint Elme est toujours un port de pêche. |

| Descente vers la plage de la Coudoulière, sujets au vertige
s'abstenir, soyez prudents. |
| Plage de la Coudoulière, nous étions sur la crête peu avant.
Les stigmates de l'incendie de 2019 sont encore très présents. |
| Le joli fortin de la Coudoulière à Saint
Mandrier. Il est une des deux fortifications mentionnées pour la
première fois sur une carte de 1759, construit "en urgence" suite à
l'incursion de navires anglais que les batteries de Fabrégas et Saint
Elme n'avaient pu atteindre. Désarmé en 1768, il est transformé en corps de garde en 1812, mais mal défendu il est de nouveau réorganisé en 1846 en une tour crénelée pour 40 hommes capables d'armer 8 pièces d'artillerie. Sa vocation militaire s'achève avec son déclassement en 1888. Et pour plus d'histoires de forts, c'est ici. |
| "
Les jours de noroît ou de grande largade, quand les vagues escaladaient
la jetée, se poursuivant, se précipitant à la charge dans une poussée
de vent qui les enlevait comme poussière, la Mer, écumante de rage,
passionnée, furieuse, la Mer parlait des jours de tourmente et
d’effroi, des assauts de lames poussant la barque à la perdue, des
trombes l’emportant vers le gouffre, des magnifiques luttes ! Un soir
qu’il était là, les mains sur les genoux, sa pipe éteinte à la bouche,
j’allai m’asseoir tout près de lui. — Salut, patron Vincent. Il tourna vers moi ses yeux morts, et je vis sur ses joues des larmes... Doucement, il tendit le bras de mon côté, comme pour me prier de ne pas le déranger encore. — Tais-toi, fils, me dit-il. Tais-toi... Elle me parle. " (La mer parlait - Auguste Marin). |
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