Chemin privé !
Des puits et des sources dans le Var et en Provence - 9
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Soudain le puits surgit, non le puits de l'idylle - Où l'on peut voir un pan du ciel bleu, dit Virgile, - Mais le puits supportant un dôme sur son mur, - Dont la porte-fenêtre est close, puits obscur - D'où lorsqu'il est ouvert sort une fraîcheur douce, - Mais à l'extérieur sec, sans ombre et sans mousse. (Le puits, Jean Aicard).

 TRIGANCE, LA LIGNE DE PUITS

L'approvisionnement en eau était la principale dificulté des villages perchés de Provence. En l'absence de source, il fallait avoir recours à des puits et parfois à des réservoirs recueillant l'eau de pluie. L'eau des puits est souvent moins abondante que celles des sources ; mais surtout elle tarit cruellement en été. Les périodes de sècheresse étaient alors une source d'angoisse pour tous les habitants : il fallait aller chercher l'eau très loin, dans la vallée en contrebas et l'économiser le plus possible.

Les habitants de Trigance comptèrent longtemps sur leurs puits. Aucune source assez abondante ne permettait l'installation d'une fontaine dans le village et les travaux à entreprendre pour la construction d'une citerne étaient trop coûteux et importants pour la commune qui les repoussa plusieurs fois.

Fin XIVème siècle, Honoré Giraud, un enfant du pays qui avait fait fortune à Paris, fit un don à Trigance pour l'aménagement d'une citerne et d'une fontaine publique tant attendue. Il dut se souvenir des pénibles corvées d'eau de son enfance, où, une à deux fois par jour, il fallait allait remplir les seaux pour toute la maison.
Ci-contre, la fontaine publique de Trigance : " Souvenir de la libéralité d'Honoré Giraud demeurant à Paris - 1882 ".
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Extrait des " Rapports et délibérations - Département du Var, Conseil général du 29 avril 1881  : «
Trigance. Demande de subventions. Votre 3ème Commission a examiné une demande formée par la commune de Trigance, en vue d'obtenir, une subvention de 2.000 francs pour la construction d'une citerne et d'une fontaine publique. La dépense s'élève, d'après le devis, à la somme de 18.540 francs y compris l'achat des terrains. Le conseil municipal a voté 540 francs pour le prix des terrains, la situation financière de la commune et la nécessité de pourvoir à l'entretien de ses chemins et de ses écoles ne lui permettant pas d'inscrire à son budget une allocation plus forte. Une souscription ouverte parmi les habitants a produit environ 400 francs.

II est évident que c'est là une ressource bien faible et hors de proportion avec l'importance du projet ; et l'on a craint d'abord que ce projet ne fût abandonné ou indéfiniment ajourné, mais un généreux habitant de Trigance, M. Giraud, se retrouvant, après une longue absence, au milieu de ses concitoyens, leur a promis spontanément son concours. Comprenant qu'il s'agissait de doter son pays natal d'un établissement de première nécessité et désirant en faire jouir la localité le plus tôt possible, il a offert de concourir à la dépense pour une somme de 15,000 fr., si le Conseil général consentait à voter une subvention de 2,000 fr., nécessaire pour la complète exécution des travaux projetés.

Votre 3ème Commission, considérant que la construction dont il s'agit et d'une utilité incontestable, les habitants étant absolument privés d'eau pendant l'été, et obligés d'aller chercher à une grande distance du village l'eau nécessaire à leurs besoins journaliers.

Considérant qu'il est juste de tenir compte au bienfaiteur de la commune de Trigance, de l'immense service qu'il rend à ses concitoyens, et de son désir de voir le département s'y associer ; qu'une pareille libéralité est digne de tout éloge et mérite d'être encouragée.


Vous propose d'accorder à la commune de Trigance la subvention de 2.000 fr. qu'elle sollicite et qui devra être inscrite au budget de 1882 à la session d'août.

M. le Président appuie chaleureusement les conclusions du rapport ; il connaissait les intentions de M. Giraud et il avait eu avec lui un entretien intéressant au sujet de son offre de concours ; il ne peut que s'associer aux éloges que le rapporteur vient de donner au généreux bienfaiteur de la commune de Trigance. Les conclusions du rapport sont adoptées. »

La fontaine qui distribue cette eau inespérée fut inaugurée en 1882 sur la place principale du village, rebaptisée tout naturellement "Place de la fontaine Giraud". Elle se présente comme une tour, fièrement coiffée de créneaux, à l'image de celles du château qui domine le village. Elle rend hommage à son donateur et signale l'importance de l'eau dans l'histoire du village. En 1887, la municipalité fit construire le lavoir, lui aussi alimenté par la citerne.

La citerne Giraud : 18 m. de long par 12 de large et 4 de profondeur. Cette vaste construction maçonnée fut construite à l'extrémité du village en 1881. Alimentée par les eaux de ruissellement, elle peut contenir jusqu'à 535.110 litres d'eau, soit à l'époque 22,25 litres par jour et par habitant pour les mois de juin, juillet, août et septembre. Elle mit ainsi définitivement les Trigançois à l'abri du besoin en eau et de la crainte des sécheresses.


Implantation de la citerne et du réseau de distribution.



Le puits de Farlampou date du XVIIIème siècle. Comme tous les puits, il est couvert en pierre pour éviter la pollution et limiter l'évaporation.

La fontaine et le lavoir servirent jusqu'en 1958, année de la première adduction d'eau.




Puits à Bargème.

A COTIGNAC

La source miraculeuse Saint Joseph à Cotignac ; son histoire en page des chapelles.

La source Saint Martin à Cotignac permettait servait à la production de glace en hiver, une glacière la surplombe de quelques mètres.



Puits à la Palud sur Verdon.
 

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