Chemin privé !
Des fours : à pain, à chaux, à plâtre, à poix, à charbon, à cade ...
" J'ai fait un four. Il est là-derrière, viens voir. " (Frédéric Mistral).
" De même les susdits contractants sont convenus que le Seigneur de Pontevès sera tenu d'avoir un four, en bon état, avec son fournier et d'y fournir le bois nécessaire, le tout à ses frais ; et les habitants ne pourront pas faire cuire leur pain ailleurs qu'à ce four du Seigneur, et ils payeront au fournier, pour prix du fournage, un pain sur vingt-neuf " (Acte relatif au repeuplement de Pontevès - 1474).


DES FOURS A PAIN

four à pain artisanal
Four à pain au Revest les Eaux
four entreveaux
Banalité, banal, ban ! Le four banal d'Entrevaux rappelle le droit du " seigneur de contraindre tous les habitants de sa seigneurie à utiliser, moyennant une redevance en argent ou en nature, l'ensemble des équipements techniques (four, moulin, pressoir ...) qu'il a réalisé à ses frais sur son domaine. " (Larousse).
A gauche, toujours à Entrevaux le four de la boulangerie de la citradelle. A droite, à Valcros (Cuers), un four à pain, ou à pizzas, à tartes ... D'autres fours banals à Tourtour, Garéoult, La Celle ...
four bargeme
A Bargème, l'aménagement du four communal date en partie du XVIIème siècle, il est demeuré intact et en état de pouvoir fonctionner depuis.

Panem nostrum quotidianum da nobis hodie. Banal mais pas local, pas provençal, pas régional, à Urval ...



FOURS A CHAUX
Du calcaire, du bois, il n'en fallait pas moins pour faire du Var et de la Provence une terre de four à chaux. Ces derniers sont les plus répandus et bordent une multitude de chemins de randonnée. Vous ne manquerez pas d'en croiser !
four a chaux sainte anne du castellet
Le grand four à chaux de Sainte-Anne. Depuis l'antiquité, la chaux a été employée comme liant dans le mortier.
four a chaux ste anne castellet
La chaux est produite à partir du calcaire récolté sur place.

LES FOURS CHAUX DE LA REPPE A OLLIOULES


Illustration extraite d'un panneau explicatif situé à proximité des fours en bordure de la Reppe : le calcaire concassé était disposé au dessus du foyer puis chauffé à 1000°C, la chaux vive ainsi obtenue était ensuite transformée en chaux éteinte par aspersion ou immersion.
four a chaux ollioules
Dénomination : four à chaux primitif dit de type romain.
four a chaux reppe
Pratiquement toutes les maisons des campagne et du village d'Ollioules ont été construites avec ce matériau.
four a chaux ollioules
Ce type de four a été en usage jusqu'à la fin du XIX° siècle.
four a chaux ollioules
Plusieurs centaines de fours ont fonctionné pendant presque 2000 ans sur l'ensemble des communes du massif du Gros Cerveau .
four a chaux le revest les eaux Four à Chaux artisanal
Deux autre fours à chaux au Revest les Eaux et à Solliès-Ville.
LES FOURS CHAUX DE LA " MAISON DES 4 FRERES " AU BEAUSSET

four à chaux maison des 4 freres bausset
Four à chaux sur les circuits de la " Maison des 4 Frères " au Beausset.
four à chaux maison des 4 freres le beausset
Un autre four à chaux sur le même circuit de la " Maison des 4 Frères " et ...
four a chaux  maison des 4 freres le beausset
... et un dernier.
four à chaux ceyreste four a chaux ceyreste
2 fours à chaux à Ceyreste.
four à chaux calanques cassis
Four à chaux dans les calanques de Marseilleveyre.

four a chaux la roquebrussanne
Four à chaux à La Roquebrussanne.
four à chaux conservatoire varietal de l'olivier à la valette var
Four à chaux du conservatoire variétal de l'olivier à la Valette du Var.


CHARBONNIERES
Les charbonnières font aujourd'hui le bonheur des amateurs de barbecues. Elles ont longtemps été des mangeuses de forêts alimentant forges et foyers avec cette seule matière première connue depuis des siècles. On rencontrera le plus souvent les cabanes de charbonniers et moins les charbonnières, le procédé de fabrication ancestrale ne nécessitait en effet que des matières dispersables (bois et terre).
charbonnière maison des 4 freres le beausset
Plus rares, deux charbonnières à la " Maison des 4 frères " au Beausset. Le four de la vignette est dit de type Magnien (voir infra pour les explications).

Une règle absolue dès qu'on parle de four : maîtriser la combustion ! La transformation du bois en carbone (carbonisation) doit impérativement se faire en atmosphère contrôlée en l'absence d'oxygène afin de retirer l'humidité et les matières volatiles du bois. Ne restera alors que le carbone et son pouvoir calorifique démultiplié par l'absence de flamme lors de la combustion (pas de dispersion de la chaleur).
charbonnière charbon de bois


Les usages du charbon de bois ne se limitaient pas au simple emploi comme combustible, il servait également à la conservation, la filtration, composant de la poudre à canon ou de matière réfractaire il était aussi utilisé comme fertilisant.

Le procédé ancestral est ici parfaitement illustré avec cette charbonnière du conservatoire variétal de l'olivier à la Valette du Var. La coupe transversale montre l'agencement du bois recouvert de terre avant sa mise en combustion.

Cette dernière pouvait durer jusqu'à trois semaines en fonction de la qualité du bois qui ne devait jamais s'enflammer demandant donc une surveillance permanente.

A droite une charbonnière au XVIIIe siècle (Encyclopédie Diderot et d'Alembert).
four charbon de bois charbonniere
Le four à charbon de bois de type Magnien a été développé entre les deux guerres. Les producteurs de charbon de bois recherchaient un appareil mobile, d'une conduite facile et demandant moins de technicité que la meule traditionnelle. Le cycle de carbonisation était rapide : en moyenne 48 heures pour 8 m3. L'élément bas cylindrique était préalablement installé sur un bourrelet de terre, dans lequel, seront pratiqués les cheminées d'évacuation de gaz et les entrées d'air. Les éléments étaient ensuite chargés en bois rangés horizontalement, tout en laissant le centre de la meule libre. Ceci permettait le chargement en braise et petit bois lors de l'allumage. Rendement estimé : entre 20 et 25% du poids de bois.
ampus charbonniere
D'autres fours à charbon de bois : le long de l'Huveaune (Ste Baume) et à Ampus.


FOURS A PLATRE

four a platre pointe grenier st cyr sur mer
Les fours à plâtre de la pointe Grenier à St Cyr sur Mer. Du gypse était extrait d'une mine attenante puis chauffé à plus de 150°C, l'eau contenue dans le minerai s'évaporait permettant alors l'obtention du plâtre.
four a platre saint cyr
Extraction et production sur le même site : l'entrée de la mine a été comblée, les fours reconstruits sont juste au dessus des ruines de l'abri à meules (fabrique), on aperçoit deux de ces dernières, en bas à droite de l'image.
meule four a platre four à plâtre
Il fallait faire chauffer le gypse à plus de 150°C pour faire évaporer l'eau du minerai et obtenir un premier plâtre. Trié, meulé puis ensaché, le plâtre était alors chargé sur les "tartanes" qui venaient s'amarrer juste en dessous du site.




FOURS A POIX ou PEGUIERES, ou bien PEGOULIERES, ou encore PIGOULIERES.
La poix, "pego" en provençal, terme francisé en "Pègue", est un mélange mou et collant, obtenu à partir de résine et de goudron d'origine végétale.
four a poix la cadiere d'azur
Le four à poix à double foyer de Saine Anne du Castellet. La poix s'obtenait par combustion étouffée de buches de pins après deux jours de cuisson. Elle fut beaucoup utilisée pour l'étanchéité des bateaux.
four a poix la cadiere d'azur
Ci-dessous, la pégulière des Porres. A la demande de la municipalité des Arcs, une équipe de bénévoles constituée d'habitants de la commune et des membres de l'Association Archéologique Aristide Fabre, a procédé à la restauration de cette péguière ou four à poix, de juin 2014 à février 2015. Il n'en subsistait que le four interne, quelques éléments du mur externe et le bassin de récupération de la poix.
four a poix les arcs sur argens
Huit fours furent découverts après l'incendie qui frappa la forêt communale des Arcs et de Vidauban en 1990. Sans pouvoir donner une date précise de la construction de ces fours, on sait qu'en 1672, Colbert ordonna que des manufactures royales de goudron soient créées partout en France où se trouvent des pins, ce qui fut le cas à Vidauban. Toutefois, les tessons de poteries trouvés lors de la restauration de ce four permettent de préciser qu'il a été exploité au XVIIIe siècle.

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