Chemin privé !

CHATEAUX ET PLACES FORTES DU VAR - 1
" J'atteignais le château fort en ruines. Je saluais le blason et la gloire de ses anciens seigneurs, les grands barons et les comtesses, qui au temps de l'Histoire, maîtrisaient la Provence. " (librement inspiré de Frédéric Mistral)

Plus qu'ailleurs, le phénomène castral en Provence suit un schéma bien établi depuis l'Antiquité : pillages, brigandages, guerres de seigneuries, épidémies de peste, de choléra, famines ... Besoin de protection, un éperon rocheux ou le sommet d'une colline,  une occupation primitive, un hameau, un oppidum, un castrum, un village, un château, des remparts ... l'apaisement mais de nouveaux dangers, des remaniements et tout un jeu de migrations entre vallées et remontées protectrices avant l'abandon ...180 sites abandonnés ont été recensés dans le Var et 78 sont encore habités, l'aviez vous remarqué ?
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chateau saint jean rougiers
CASTRUM SAINT JEAN DE ROUGIERS
chateau saint jean rougiers
A l'ouest de la Sainte Baume, le castrum Saint Jean domine Rougiers depuis le XI siècle. D'importantes fouilles conduites pendant les années 60 ont contribué à l'amélioration des connaissances historiques de l'époque médiévale provençale encore méconnue. Cité pour la première fois au tout début du XI s. sous le reigne de Robert II le Pieux (996-1031), l'ensemble classé monument historique depuis 1967 appartient aujourd'hui à la commune de Rougiers.
chateau saint jean rougiers

chateau saint jean rougiers
Au Moyen-Age, les vicomtes de Marseille et autres seigneurs locaux se disputent le site au gré de batailles incertaines. 
chateau saint jean rougiers
Au centre de la photo le donjon était protégé par deux tours. Les études ont permis d'identifer et de positionner divers éléments constitutifs de ce type d'ensemble : silos, cuisine, logement seigneurial, citerne, cheminée, foyers  ...
chateau saint jean rougiers
Le village primitif était installé au pied de la forteresse. Il est  progressivement abandonné à partir du XIII s au profit de la plaine, de ses terres cultivales et d'un accès plus facile aux voix de circulation. Toutefois vers 1340, l'installation d'une verrerie redynamise le village perché. La peste de 1385 dévaste la région, elle est prolongée par une période de pillages qui contribue elle aussi à un renforcement de l'occupation de l'éperon rocheux redevenu un lieu de refuge.
La paix installée, les habitants redescendent dans la plaine, le castrum et son village seront abandonnés à partir de  1420. En 1540, 2 maisons seulement étaient habitées !
chapelle saint jean de solferino chateau rougiers
Les vieux villages se sont déplacés dans les plaines, pas les chapelles ! La chapelle Saint Jean de Solferino est toujours intégrée au castrum. Elle a été construite en 1860 sur l'emplacement de la chapelle castrale. Mais point de "Jean de Solferino", cette particule commémore simplement la bataille éponyme associée au passage des troupes de Napoléon III dans la région, vainqueur des troupes autrichiennes en Italie  le 24 juin 1859.


LES TROIS FORTERESSES D'EVENOS

Protégeant l'accès de Toulon par les gorges d'Ollioules, Evenos compte trois redoutables place fortes séparées par plusieurs siècles mais quelques centaines de mètres seulement. Lieu stratégique depuis toujours, les fouilles de l'ancien site de Saint Estève au carrefour de la Reppe et du Destel révèleront l'emplacement d'une chapelle et probablement d'un castrum. En 1720, on y installe un poste de garde pour assurer le contrôle sanitaire de l'épidémie de peste noire. Photo ci-dessous : le fort de Pipaudon à gauche et la forteresse médiévale au premier plan.

Extrait du bulletin de l'académie du Var, par Louis Bonnaud et Casimir Bottin 1909 : " La dernière station qui nous reste à visiter, celle d'Evenos, est la plus intéressante à tous les points de vue. Géologie, archéologie, histoire, tourisme, tous les attraits s'y trouvent réunis pour l'homme d'étude et l'amateur. La présence à Evenos d'objets provenant de la période néolithique ne laisse aucun doute sur l'existence d'un oppidum dont la nature aurait fait presque tous les frais de défense.
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chateau du diable destel evenos
La forteresse médiéval,  le fort de Pipaudon et le le château du Diable.

L'homme des temps préhistoriques a occupé cette hauteur d'où il apercevait le défilé des Gorges et les plaines d'Ollioules s'étendant jusqu'à la mer. Les pierres des murs cyclopéens de cette époque primitive ont servi, quelques milliers d'années plus tard, à l'édification des hautes murailles du donjon féodal encore debout, ainsi qu'à la construction des pauvres maisons du moyen-âge qui sont à ses pieds ; mais les traces de  l'oppidum n'ont pas complètement disparu. "

fort pipaudon
EVENOS 1 : LE CHATEAU MEDIEVAL
chateau evenos
Le château médiéval d'Evenos domine les gorges d'Olioules et du Destel depuis le XII siècle. 
chateau evenos
Comme le castrum Saint Jean à Rougiers, la forteresse est mentionnée une première fois dans un texte du XII s, possession successive des vicomtes de Marseille et autres seigneurs de Signes. Redoutable place forte, elle résistera à différentes attaques mais pas à la Rennaissance qui la modifie sans y laisser l'âme et la fonction militaire du site.
chateau evenos
Avant la Révolution, six hommes assurent sa garde avant d'être défaits par les assaillants Républicains en 1793. Occupé une dernière fois pendant la seconde guerre mondiale, le château est ensuite abandonné et vandalisé. Mais ...
chateau evenos
La grande cour du château se termine par une tour ronde dite « Tour Blanche ».
chateau evenos

chateau evenos
L'ensemble plonge ensuite vers le carrefour des gorges du Destel et de la Reppe.
chateau evenos
Les observateurs n'auront pas manqué la présence de roches noires basaltiques qui entourent le site et ont servi à la construction du château (sauf la tour Blanche), elles sont les témoins géologiques d'un passé volcanique très tourmenté.

Extrait des ANNALES DE LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE DE TOULON, 1933 - Les roches volcaniques de la région toulonnaise par H. PARENT : " Les roches volcaniques des environs de Toulon, si elles sont nombreuses et variées, couvrent des surfaces de peu d'étendue et par suite ont peu d'influence sur le relief du pays ; au point de vue morphologique leur rôle est tout à fait subordonné. Cependant, il est intéressant de bien connaître l'allure, l'âge et la position de leurs gisements.

On confond fréquemment l'âge des différentes venues éruptives de la région; en outre, on considère souvent à tort comme provenant de bouches volcaniques distinctes des lambeaux d'une même coulée, lambeaux isolés par l'érosion en buttes, en plateaux, séparés parfois par de grands intervalles, donnant aisément l'illusion de volcans distincts.

Les points d'émission, les cheminées volcaniques, sont d'ailleurs très rares dans la région toulonnaise ; c'est ainsi qu'il faut supprimer les expressions de : volcan d'Evenos, culot volcanique de la Garde, appellations anciennes que l'on rencontre dans des ouvrages de vulgarisation et dans des articles de certaines revues scientifiques. Ce sont en réalité des témoins de grandes coulées épargnés de la dénudation. "

chateau evenos
Le donjon est de forme pentagonale, il abrite une chapelle dédiée à Saint-Pierre.
chateau evenos
En mai 2012, Var Matin titre "Le monument médiéval, en ruines, a été racheté par un particulier qui veut lancer d’importants travaux de réhabilitation pour en faire sa demeure. " En effet, en 2011 la famille Daniel a vendu le château à Cédric Velasco pour dit-on 90 000 euros. Le journal précise que "le château n'est pas classé", alors que "le village d'Évenos l'est. "
chateau evenos
Et demain ? ...
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Extrait de LES PEINTRES FRANÇAIS - SALON DE 1859, par Louis Jourdan commentant un tableau de Courdouan : " Sa Vue d'Evenos, prise au milieu des gorges d'Ollioules, gigantesque débauche de roches volcaniques, ne peut donner qu'une idée incomplète des ces magnifiques horreurs que les voyageurs allant de Marseille à Toulon ne pourront plus admirer, grâce au chemin de fer qui a sagement évité ces grandes masses montagneuses dont la capricieuse distribution aurait défié les efforts du génie humain. M. Courdouan n'a pas craint de se mesurer avec ces géants de granit, et il a parfaitement rendu leurs aspects fantastiques et bizarres, leur caractère grandiose. Quelle science du dessin dans ce tableau ! Quelles lointaines et lumineuses perspectives ! Je recommande aux jeunes artistes cette toile, une des plus remarquables qui soient au Salon. "
   
EVENOS 2 : LE FORT PIPAUDON

En savoir plus : le site sur les places fortes de le région toulonnaise avec l'indispensable Index de la Fortification Française de 1874 à 1914 mais aussi SUDWALL.
fort pipaudon evenos fortification sere de rivieres
Le "jeune" fort de Pipaudon fait face à l'ancienne forteresse d'Evenos.
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Si l'image précédente ne vous a pas convaincu du caractère de forteresse, celle-ci replace le fort au sommet de sa colline à 406 m. d'altitude.
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Pipaudon s'inscrit dans le vaste ensemble des forts protégeant Toulon (fortifications du système Séré de Rivières).  Construit entre 1893 et 1895 la forteresse armée par 360 hommes, 12 canons, et 2 mortiers est principalement souterraine. Le fort est aujourd'hui utilisé par les services municipaux et pour des activités culturelles.
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Comme ses homologues le fort possède tous les moyens nécessaire à la mise en oeuvre d'un armement lourd : magasins, poudrerie, monte-charge, citerne, locaux-vie ...
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Le 21 août 1944, le 3ème RSAR (Régiment de Spahis Algériens de Reconnaissance) et des éléments du 7ème RCA (Régiment de Chasseurs Algériens) en route vers Toulon libèrent Sainte-Anne d’Evenos. Les Allemands ayant miné les gorges d'Ollioules ils empruntent la route d'Evenos où les soldats du chef d’escadrons Mauche neuralisent le fort de Pipaudon. La place est libérée, on y installe alors des canons américains de défense anti-aérienne.

EVENOS, LIEU STRATEGIQUE

1348 ... 1544, 1546 ... 1720, la peste accompagne l'hisoire des différentes places fortes du Var et de Provence. Ces dernières servent de lieux de refuge aux personnes saines qui en interdisent alors l'accès ; abandonnées pour certaines après le XV s, elles seront utilisées comme lieux de quarantaine pour les pestiférés. Extrait du BULLETIN DE L'ACADÉMIE DU VAR séant à TOULON - 1954 - par Jean Layet : " Le site fut occupé temporairement en 1721 par le piquet de garde à la barricade qui interdisait toute sortie d'Ollioules où sévissait une violente épidémie de peste.  ... A la surface d'une paroi de falaise qui limite une petite terrasse, à l'ouest du vieux village on peut lire, gravée sur le rocher, en caractères de l'époque, l'inscription : « Pesto 1721. PITIE » — entourée des initiales : H. AC. IV. BP. AB. probablement des gardiens du « piquet It. "

Le 31 juillet 1720 le parlement d'Aix prononce l'interdiction de circulation aux Marseillais et en Provence. Ci-dessus la gravure "PESTO 1721" au confluent de la Reppe et du Destel dans les gorges d'Ollioules. Un poste de garde du cordon sanitaire avait alors été établi sur l'ancien site de Saint Estève.

peste 1720 provence gorges destel ollioules
Le " siège du guetteur ", permettait aux gardes de s'asseoir "confortablement" pour surveiller les mouvements dans le passage statégique des gorges d'Ollioules .

EVENOS 3 : LE CHATEAU DU DIABLE
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Le château du Diable. Le Diable habita un temps cette forteresse pétrifiée située à l'ouvert des gorges du Destel jusqu'à ce que Saint Martin l'en déloge à coup de légende. Les mêmes curieux seront sûrement passés par les grottes éponymes, empreintes laissées par le sauveur d'Evenos alors qu'il escaladait la falaise pour rejoindre le village.

Extrait du BULLETIN DE L'ACADÉMIE DU VAR séant à TOULON - 1954 - par jean Layet : " Je crois devoir rappeler à la suite de cette tradition une légende qui pourrait se rattacher à l'une ou l'autre de ces Christianisations. C'est celle de St-Martin dont le nom se retrouve pour ainsi dire à chacun des pas que l'on fait dans le Destel. On y rencontre une source, une cascade, une empreinte gigantesque de pied creusée par la nature à la surface d'un rocher, toutes sont de St-Martin. Un groupe de grands rochers qui ressemble, vu du fond du ravin, à quelque forteresse du Moyen Age a été appelé Château de Diable, en souvenir du Saint légendaire qui poursuivait Satan dans ses repaires.

St-Martin, évêque de Tours au IVe siècle n'est jamais venu dans notre région, mais sa renommée s'est étendue dans la France entière. Il est le Patron d'Evenos, vieux village qui domine les falaises du Destel, et sa légende a trouvé dans ce lieu solitaire un terrain éminemment favorable puisque jusqu'à nous elle s'y est maintenue. Peut-être serait-il intéressant de compulser sa vie afin de savoir si, ayant pratiqué des Christianisations en son diocèse, il aurait indirectement donné à cette tradition toulonnaise une base véridique. "



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