Chemin privé !
La borne milliaire romaine de la voie Aurelia au château Peiresc à Belgentier ;
la quille du Tillet entre Signes et Mazaugues ;
les clapiers ou bornes limite d'Ollioules, les Bidoufles de Siou Blanc;
   le grand cairn de la crête de l'Estret (massif des calanques de Cassis) ;
Des bornes frontières, militaires, civiles et religieuses à Six Fours, Entrevaux, Hyères, La Londe les Maures, Hyères ;
la borne du mur de la peste.
Pages : 1 - 2 - 3 - 

La borne milliaire romaine de la voie Aurelia au château Peiresc à Belgentier
(en bas à droite de l'image ci-dessous)
borne milliaire romaine var
borne milliaire romaine var Les bornes milliaires romaines marquaient les distances sur les voies romaines, ces distances étaient mesurées en milles romains (d'où leur nom "milliaire"), soit mille pas romains, ou environ 1480 mètres.

Le plus souvent en forme de colonne, elles rappelaient, outre la distance, la déférence due à empereur associé à la voie empruntée, à l'origine de sa construction ou sa rénovation.

La borne militaire du château Peiresc à Belgentier a été trouvée dans l'Estérel en 1628. Achetée par M. Peiresc, elle est d'abord transportée à Aix avant qu'il ne décide de l'installer à Belgentier où elle se trouve encore aujourd'hui. Erigée entre 317 et 337 sous le règne de Constantin, elle était implantée sur la via Aurelia qui reliait Rome à la Gaule et plus loin jusqu'à l'Espagne. Elle marquait le cinquième mille à l'Est de Fréjus. (source MM. Gascou et Janon, dues à l'obligeance du Centre archéologique du Var).

Elle comporte une inscription en latin gravée :
    D(omino) N(ostro)
    Flauio Claudio
    Constantino
    patre, auo, ma-
    ioribus im-
    p(eratoribus) nato, Cae-
    sari nob(ilissimo) sem-
    per orbi taer-
    (r)e profurato
    [ V ]

" A notre maître Flavius Claudius Constantin, issu d'un père, d'un aïeul et d'ancêtres empereurs, très noble César qui sera toujours salutaire à l'Univers. Cinq milles. "

Merci au propriétaire du château et à l'association "Les amis de Peiresc" qui contribuent à la réhabilitation de la mémoire de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc, "célèbre savant humaniste", né à Belgentier en 1580 et mort à Aix en 1637 - journée du patrimoine 2016.
borne milliaire romaine var

La quille du Tillet au Mourre d'Agnis
pilier quille du tillet mourra signes mazaugues
La Quille du Tillet au Mourre d'Agnis entre Signes et Mazaugues. Pour bien comprendre l'utilité de cette étrange pyramide, voici un extrait de la brochure "Entre campagne et colline" téléchargeable sur le site de "La Provence Verte"  : "Au cœur de la "colline", les confronts entre deux ou plusieurs communes sont régulièrement matérialisés par des ouvrages bâtis. Des éléments remarquables de la nature tels qu'un rocher haut et isolé, un point d'eau ou un grand arbre ont pu remplir ces fonctions de témoins de limites. ... Ces témoins sont le plus souvent complétés par des éléments construits : des bornes ou terme, des pierriers ou clapier et des oratoires. ... Les termes bâtis sont des piliers tronconiques ou prismatiques, d'une hauteur de 1m à 1,50m, construits en pierres sèches ou "à chaux et à sable". L'un des plus ostensibles est érigé sur le point culminant du massif d’Agnis (919m alt.). C'est la "Quille du Tillet", haute de 4,30m, percée de part en part par un regard qui permet de viser l'alignement de Signes et de Mazaugues. " ...

Grand cairn de la crête de l'Estret (massif des calanques de Cassis)
calanques

Les clapiers limite d'Ollioules (clapier dont la signification provençale et tas de pierres)

Cette borne limite témoigne de la création du cadastre napoléonien. Début XIX et pour la première fois, un plan de toutes les communes est dressé, toutes les parcelles de terre sont alors numérotées. En 2004, l'association des chemins du patrimoine restaure les bornes limites entre les communes d'Ollioules et d'Evenos. Plusieurs clapiers, gros mur de pierres sèches en angle obtus, de 4 à 5 mètres de longueur, de 1,50 mètre de hauteur sont alors reconstitués. (Extrait de Randomania).
clapier limite borne ollioules

Les Bidoufles, clapiers ou bornes limite de Siou Blanc
C'est grâce au circuit des clapiers d'Ollioules que je peux, sans trop me tromper, mettre un nom sur ces tas de pierres. Il s'agit vraisemblablement d'autres clapiers, bornes de limite communale datant du cadastre napoléonien. Mon sentiment est alors conforté par leur positionnement géographique qui correspond sur la carte aux limites communales actuelles (entre Belgentier, Solliès et le Revest ...), juste, ou à quelques dizaines de mètres près.
bidoufle borne limite communale
 
bidoufle borne limite communale

Entre La Londe les Maures et Bormes les Mimosas


borne bormes les mimosas

bormes les mimosas borne

Bornes militaires et bornes frontières
borne militaire entrevaux
A Entrevaux, on trouve encore de nombreuses bornes polygonales ayant servi à la délimitation du domaine militaire du XIXème siècle. Numérotées, elles permettaient également le quadrillage du terrain.
Certaines d'entre elles ont été récupérées et placées au coin des rues pour écarter les roues des charrettes (photo de gauche ci-dessous).
entrevaux borne militaire    borne frontiere france italie
A droite, une borne frontière ayant servi à l'abornement de 1823 entre la France et le royaume de Piémont-Sardaigne. 77 bornes furent mises en place, dont 52 sous forme de petit monolithe comme celui de la photo. La borne numéro 1 est située au sommet du Rocher des trois Evêques dans la haute Tinée ; la borne 77 était au Pont de Saint Laurent du Var. Chaque borne porte d'un côté la croix de Savoie, de l'autre le lys de France. Sur la tranche est gravée l'année d'abornement et le numéro de la borne.

borne militaire var
A Six-Fours les Plages. C'est après mon passage à Entrevaux que je me suis rappelé cette image prise sous le fort de Six-Fours, on peut raisonnablement penser que cette borne délimitait elle aussi le domaine militaire.
hyres borne
Borne de propriété religieuse ?

Après le militaire et le civil, le religieux à la collégiale St Paul d'Hyères.

La face antérieure de cette borne comporte un bas-relief représentant l'épée de Saint Paul et la clé de Saint pierre. Le revers de la borne présente également un bas-relief mais il est endommagé.

Cette borne remonte probablement au Moyen-Age. Il s'agit peut-être d'une borne délimitant le territoire de l'église Saint Paul et de l'église Saint Pierre, dont les vestiges sont encore visibles.

La borne kilométrique de la Basse Verrerie, Le Cannet des Maures
le cannet des maures borne kilometrique basse verrerie
St Tropez 35 K ", jolie borne kilométrique sur l'ancienne route reliant Le Cannet des Maures à St Tropez, elle est située au centre du pont de la Basse Verrerie.
le cannet des maures borne kilometrique basse verrerie
Et ci-dessous en version moderne à Trigance.


La borne du mur de la peste
La peste fut importée à Marseille le 25 mai 1720 par le Grand Saint Antoine, navire arrivant de Syrie et commandé par le capitaine Chataud. " Il avait perdu six hommes pendant la traversée ; la désinfection de ses marchandises causa la mort de quelques employés les passagers se dispersèrent. Bientôt après, en juillet, des symptômes suspects se déclarent dans un quartier populeux, les échevins font transporter les malades aux infirmeries l'affection se dissémina la peste se répandit dans Marseille. " (La défense de l'Europe contre la peste et la conférence de Venise de 1897 - Adrien Proust).

Le 25 septembre 1720 la peste atteint Apt, le 24 octobre elle est à Carpentras ...
mur de la peste 1720 Vaucluse
Entre Cabrières d'Avignon et Monieux dans le Lubéron, une borne rappelle la construction d'un mur devant protéger le Dauphiné de la peste réapparut en 1720 (épidémie que nous avions évoquée à l'occasion de l'inscription "Pesto 1721" gravée à l'entrée des gorges du Destel près d'Ollioules dans le Var). Le mur de cet autre cordon sanitaire mesurait 20 Km, bâti en pierre sèche, il était ponctué de guérites servant d'abri aux nombreux gardes, " la peste n'a jamais franchi ce mur gardé en permanence ".

Le personnage sur la borne, représente l' "Habit des médecins et autres personne qui visitent les pestiférés, il est de marroquin de Levant,  le masque a les yeux de cristal, et un long nez rempli de parfum ". Ce dessin est extrait du " Traité de la peste ", écrit en 1721 par le docteur Manget qui précise : " Cet habit n'est pas une chose de nouvelle invention et dont on ait commencé l'usage dans la dernière peste de Marseille ; il est de plus vieille date, et MM. les Italiens se sont servis d'un costume à peu près semblable depuis longues années. La robe est tout en maroquin du Levant, lequel est l'étoffe qui, à cause de son odeur et de son poil, est la plus capable de résister au venin pestilentiel. Le nez, en forme de bec, rempli de parfums et oint intérieurement de matières balsamiques, n'est percé que de deux trous, un de chaque côté ; mais cela peut suffire pour la respiration, et l'air que l'on respire ainsi n'arrive à l'odorat qu'imprégné du parfum des drogues renfermées dans le bec. Les ouvertures nécessaires pour la vue sont pratiquées sans danger au moyen de petites fenêtres fermées par du cristal.

Sous la robe, on porte ordinairement des bottines à peu près à la polonaise, faites de même en maroquin du Levant, des culottes de peau unie qui s'attachent aux dites bottines, et une chemisette aussi de peau unie ; enfin le chapeau et les gants sont également en maroquin. "

En 1986, l'association "Pierre sèche en Vaucluse" a entrepris une restauration de ce patrimoine, une belle occasion de randonner.


Retour haut de page - Retour page d'accueil

Un renseignement, un commentaire ...
Saisir un prénom ou un pseudo :
Votre Email (facultatif) :

Commentaires :


                  
Retour page d'accueil