Chemin privé !
Le fort de Brégançon, le château de Grimaud, le château de Bormes les Mimosas
les châteaux de Brégançon et de Léoube, la tour Fondue à Giens, la batterie du Cap Léoube.
  L'oppidum de la Courtine et le château d'Ollioules

Et la Provence devint française, oui mais quand ? " Les uns tiennent pour celle de la mort du dernier des comtes angevins, Charles III, qui l'avait léguée à Louis XI, le 11 décembre 1481. A moins qu'ils ne prennent pour point de départ le jour où l'assemblée des États a reconnu le nouveau souverain en lui jurant fidélité, le 15 janvier 1482. ... D'autres prétendent que l'union ne fut effective qu'en octobre 1486, après la déclaration de Charles VIII la proclamant indissoluble, ou même après la ratification qu'en firent les États le 9 avril 1487. " (Et la Provence devint française - Roger Duchene). A moins que ...
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Le Fort de Brégançon.
Ci-dessous, tout au fond au centre, le fort de Brégançon est d'abord connu pour être la résidence des présidents de la République depuis 1968, date de son réaménagement par l'architecte Pierre-Jean Guth. Le 25 août 1964, le général de Gaulle venu présider les cérémonies du 20ème anniversaire du débarquement de Provence, vint coucher à Brégançon, hâtivement aménagé pour la circonstance. Situé sur la commune de Bormes les Mimosas, il se dresse sur un piton rocheux qui fut pendant de longs siècles, séparé de la côte par quelques brasses. Bien qu'il ne culmine qu'à 35 mètres, il tiendrait son nom du terme gaulois "briga" qui signifie"haut, élevé".
fort de bregancon
Occupé très tôt, les Ligures y construisirent probablement un premier oppidum vers la fin du VIème siècle avant notre ère. Comptoir de Massaliètes (fondateur de Marseille) entre le Vème et le IVème siècle, Brégançon devint un comptoir grec qui prit le nom de "Pergantion" lorsque les Romains s'installèrent en Provence.

A l'époque mérovingienne, un château fort fut édifié sur l'îlot qui devint propriété des comtes bourguignons. En 972, Guillaume Le Libérateur, offrit Brégançon aux vicomtes de Marseille, en remerciement de leur participation à la croisade qu'il avait menée contre les Sarrasins installés dans la région vers 884. Mais ruinés par les Croisades, les vicomtes de Marseille vendirent le domaine à la communauté de Marseille.

« Raymond-Geoffroy vend et cède à la ville et vicomté de Marseille représentée par ses recteurs Aubert Pizan et Guillaume Bérard, la totalité du château et du territoire de Bréganson, culte ou inculte, avec toutes ses appartenances et ses droits sur terre et sur mer, sur les hommes ou sur les eaux, étangs, marais, salines, îles et autres lieux; il vend en même temps la douzième partie de la seigneurie d'Hyères lui appartenant : le tout pour la somme de 18,000 sols royaux coronats. » Raymond Fournier alors bailli de Bréganson, pour Raymond-Geoffroy de Fos, mit en possession de leur acquisition les recteurs de Marseille qui, après avoir reçu "hommage et fidélité" des
habitants par l'organe de quelques notables d'entre eux, nommèrent à leur tour bailli, pour Marseille, Guillaume Abella ; et alors « la bannière de Marseille fut hissée au sommet du donjon du château ». (Hyères ancien et moderne, promenades pittoresques, scientifiques et littéraires sur son territoire, ses environs et ses îles , par M. A. Denis)

fort de bregancon
Les différents châtelains se servent alors de la forteresse pour se livrer à des actes de piraterie sur les commerçants et navigateurs  qui relâchaient en rade d'Hyères.
Vers 1257, les Marseillais cédèrent Brégançon à Charles d'Anjou (frère de Saint Louis), qui avait revendiqué le comté de Provence après avoir épousé la dernière fille des comtes de Provence. Restaurée, le fort est alors dirigé par un gouverneur assisté de neuf hommes d'armes, trois hommes de service et un chapelain.
Possession des souverains de Naples et de Sicile, la Provence devint en 1348 le refuge de la reine Jeanne qui débarqua au petit port de Brégançon en janvier. L'histoire de la forteresse se bouscule alors, vendue par la même reine à l'armateur marseillais Jacques de Galbert, les Hyèrois, furieux détruisent la place forte. L'armateur la reconstruit mais la reperd aussitôt car la reine révoque toutes ses donations ...
fort de bregancon
L'ancien chemin gallo-romain, empiérré, borde l'actuel route qui permet l'accès au rocher protégé par une rampe sinueuse et un premier pont-levis reconstitué.

Brégançon fut assiégé en août 1524 ; après quelques jours de résistance, la forteresse dut se rendre et le connétable de Bourbon lui confisqua ses canons. En octobre 1578, Hubert de Vins assiégea Brégançon dont la garnison se rendit deux jours après. Impitoyable, il massacra le châtelain et les soldats de la garnison.

La porte s'ouvre entre deux grosses tours (ci-dessus à gauche) fendues de hautes meurtrières, qui constituaient le donjon. La tour Est abritait la chapelle.
     
Photo de gauche, un premier pont-levis aujourd'hui disparu protégeait l'entrée primitive du fort ; au centre, le second pont-levis existe toujours ; enfin à droite, le troisième et dernier pont-levis dont les glissières de herses sont encore visibles, le fossé a été comblé par un dallage de pierres.

Les deux tours l'entourant sont protégées par un petit avant corps, ancien local de commande de la herse ; deux mâchicoulis permettaient de déverser poix et autre liquide bouillant sur les assaillants.


En 1810, la forteresse comptait 25 bouches à feu et 7 mortiers ; une petite troupe l'occupe pendant la guerre de 14-18 ; elle est déclassée en 1919 puis déclarée "site pittoresque" en 1924. Le décret du 30 décembre 1967 la raya définitivement des places de guerre et postes militaires.

Sous la présidence du général de Gaulle, le fort devint résidence officielle du Président de la République par arrèté du 5 janvier 1968.

Vue sur les plages de Cabasson.

Le fort fut classé monument historique le 25 septembre 1968.

Aujourd'hui géré par le centre des monuments nationaux, le fort de Brégançon est ouvert à la visite pendant la saison estivale depuis 2014, réservation obligatoire via le site de l'office de tourisme de Bormes les Mimosa.

Vue sur le cap Bénat, le domaine de la tour Sarrasine (propriété du duché du Luxembourg) et celui de de la Reine Jeanne.

La cour du fort est pavée en galets de Durance. Les galets noirs dessinent sur un fond de galets jaunes des figures géométriques copiées d'une cour de l'Alcazar de Séville.

Georges et Claude Pompidou furent les premiers à aménager le fort pour y séjourner pendant leurs vacances. Passionnés d'art moderne, ils firent installer un mobilier contemporain conçu par Pierre Paulin.

Trois des sept canons attribués à Napoléon sont alignés le long du mur nord.

Le belvédère à l'extrême pointe de la presqu'île.
fort de bregancon

Château de Grimaud.
" Les Maures d'Afrique plus connus sous le nom de Sarazins firent une incursion en Provence et s'y établirent vers les années 850. Ils s'emparèrent du golfe de Sambratie, Sinus Sambracitanus, aujourd'hui nommé golfe de Grimaud. ...

Leur séjour de plus d'un siècle les avait extrêmement multipliés ; leur audace s'accrut avec leur puissance ; ils couraient depuis le Fraxinet jusqu'à l'extrèmité de la Provence et tout pliait devant eux, lorsqu'un seigneur de Castellane, indigné de leurs brigandages, entreprit de les combattre. Ils avaient incendié la ville de ce nom qui est située dans nos hautes montagnes, il les battit plusieur fois et les en chassa ; ils furent poursuivis par Gibelin de Grimaldy, des princes de Monaco, qui leur livra plusieurs combats et les força ensuite dans leur forteresse du Fraxinet qu'il détruisit, après les avoir tous exterminés.

Guillaume 1er, comte de Provence (980), pour récompenser la générosité de ce jeune seigneur et sa grande valeur, lui inféoda non seulement le fort Fraxinet, mais encore toutes les terres et territoire du golfe Sambracitain que la gratitude des peuples a depuis lors appelée golfe de Grimaud qu'il porte encore." (Inventaire général des papiers renfermés dans les archives du château de Grimaud ... - 1902).
chateau grimaud
Les précieux écrits de l'abbaye Saint Victor à Marseille mentionnent le château de Grimaud et son village dans un document du XIème siècle sous la dénomination " Castri nomine Grimaldi ".

" L'oppidum de Grimaud, écrit FABRÉ, se trouvait situé à l'emplacement même du château ruiné des Grimaldi qui, s'était lui même substitué au XVIème siècle, à un castrum édifié, croit-on, peu après 980, par Gibalin qui aurait reçu du premier comte héréditaire de Provence Guillaume Ier, la seigneurie des Issambres. Une brusque dépression dans les rochers, au Nord, rendait la position inviolable de ce côté. Au sommet une Couronne d'autres rochers formait vigie et réduit. Deux autres enceintes concentriques ceignaient le mamelon à peu près dans les mêmes dispositions que la ligne des remparts dont une partie subsiste, utilisant les obstacles naturels et dessinant une demi ellipse qui appuyait ses extrémités aux à-pic nord. " (Bulletin de la Société préhistorique de France - 1923).
chateau grimaud
Même histoire, même schéma, remaniement au XIVème avant un abandon progressif mais moins marqué qu'ailleurs en raison de la proximité immédiate de la plaine. Le château est agrandi au XVII et trouve alors son allure actuelle, abandonné de nouveau, déconstruit en partie, il sera classé en 1928.
chateau grimaud
Les remparts furent construits en plusieurs phases entre la fin du XIIe et le XIVe siècle. L'enceinte entourait et protégeait le village médiéval.
chateau grimaud
Au milieu du XVIIe siècle, la famille Castellane reconstruit le château dont on peut encore voir les deux tours.

Château de Bormes les Mimosas
chateau bormes les mimosas
Le château de Bormes les Mimosas est le point le plus haut du village (104 m). Construit entre le 13ème et 14ème siècles, il est le témoignage du passage et du règne des Comtes de Provence. Classé monument historique depuis 1931 pour certaines de ses parties (tour principale), il n'est pas ouvert aux visites mais on peut admirer un magnifique panorama embrassant la baie du Lavandou, les îles du Levant et de Port Cros, le port de la Favière et le domaine privé du Cap Bénat et du Gaou Bénat.  Ses Remparts très bien conservés datent de la création du village (12ème s.). Extrait du site www.bormeslesmimosas.com.

Le château de Brégançon
chateau de bregancon
A ne pas confondre avec " le fort ", le château de Bregançon est aujourd'hui un domaine viticole renommé. Il était à l'origine l'ancienne ferme du Marquisat de Brégançon dont le fief était le fort de Brégançon (voir supra). 
chateau de bregancon
René Sabran a achèté le château et son domaine en 1816, administrateur des Hospices civiles de Lyon, il avait alors envisagé la construction d'un centre de soins avant de lui préférer Giens où un hôpital porte aujourd'hui son nom. Cru Classé Côtes de Provence depuis 1955, la famille Tezenas, descendante de la famille Sabran, assure la vinification de cépages réputés : Grenache, Cinsault, Syrah, Cabernet Sauvignon et autres nectars ...
bregancon chateau

Le château de Léoube
chateau de leoube
" Enracinés dans la clarté métallique d’une Méditerranée omniprésente, 560 hectares fertiles, dont 65 dédiés à la vigne, 20 à la culture de l’olivier exhalent leurs parfums, leurs couleurs et leurs songes, au creux d’une anse naturelle doublement protégée des assauts du Mistral et de l’immobilier. " (extrait du site du domaine). A peine plus loin que le château de Brégançon, celui de Léoube produit lui aussi vin et huile d'olive. En haut à droite de l'image, la chapelle du domaine dite "Saint Geoges de Léoube".

La tour Fondue à Giens
tour fondue du pradeau giens hyeres
Plus connue sous le nom de Tour Fondue que batterie du Pradeau, ce petit fort date du XVII s.

Batterie du Cap Léoube
fort batterie cap leoube
Batterie du Cap Léoube. 1852, modifiée en 1879, elle était armée par 3 canons.

Ollioules, l'oppidum de la Courtine.
opidum courtine ollioules
Les fouilles dirigées par Jean Layet entre 1945 et 1960 puis par le Centre Archéologique du Var entre 1984 à 1989 ont permis d'isoler un rempart vraisemblablement construit au début du IIs. avant JC, des tours carrées, des habitations établies successivement entre le IVème siècle et l'an -140. Le site est progressivement abandonné à partir de l'an -110. Outre une multitude d'objets, on a découvert des pièces d'armement : boulets, fers de catapultes, du plomb fondu qui laissent supposer quelques batailles sanglantes.
opidume courtin ollioule opidum courtine ollioules
Les fouilles dirigées par Jean Layet entre 1945 et 1960 puis par le Centre Archéologique du Var entre 1984 à 1989 ont permis d'isoler un rempart vraisemblablement construit au début du IIs. avant JC, des tours carrées, des habitations établies successivement entre le IVème siècle et l'an -140. Le site est progressivement abandonné à partir de l'an -110. Outre une multitude d'objets, on a découvert des pièces d'armement : boulets, fers de catapultes, du plomb fondu qui laissent supposer quelques batailles sanglantes.
opidum olioule courtine

Le château d'Ollioules
Toujours à Ollioules, le château féodal vue de l'oppidum. Il est situé sur la colline Ste Barbe à l'entrée gauche des gorges d'Ollioules dont il contrôle l'accès. Il fut comme ses homologues, modifié au cours des siècles avant d'être abandonné au début du XIVème s. Là encore, les murs sont déconstruits, les pierres réutilisées jusqu’en 1974 où il devient la propriété de la famille Pageze qui décide de sa préservation.



La première mention d'Ollioules remonte à l'an 1031 ; en 1044, la " forteresse " est mentionnée lorsque les vicomtes de Marseille y établissent un château. Les traces d'occupation les plus anciennes encore visibles aujourd'hui datent du XIIème siècle. Le shéma de la place forte jusqu'à la première moitié du XIIIème siècle est typique des castra de Provence. C'est un castrum de petites dimensions et de construction marginale aux murs fins. Le rôle de cet édifice est était plus résidentiel, économique et symbolique que défensif.

En 1266, Sybille de Signes d'Evenos épouse Emmanuel de Vintimille, l'arrivée de cette famille italienne marque alors un tournant majeur pour l'évolution architecturale du château qui tend vers moins d'austérité et plus de confort afin de montrer la puissance et la richesse de ses propriétaires. Une tour est élevée et les murs sont épaissis pour pouvoir supporter des voûtes, des étages et des grandes ouvertures.

 
La circulation va peu à peu se resserre vers l'intérieur de la forteresse autour d'une cour et la chapelle (ci-dessus à droite) va adopter son style roman. Les premières traces de rempart apparaissent à cette même période.

Le château est progressivement abandonné à la fin du XVème siècle, l'habitat ouvert se développe, les bergers, agriculteurs et les carriers extraient des pierres ruinant ainsi le site. En 1720 et 1721, la peste se répand en Provence, les pestiférés seront alors parqués dans les anciens murs du château.

chateau ollioules
Le donjon polygonal, édifice la plus haut du château s'élève à 20 mètres de haut au niveau du crénelage.
 
A gauche, l'huilerie du château. En 1447, la charte agricole d'Ollioules stipule que les seigneurs n'auraient plus le droit de construire de nouveaux moulins sur le territoire d'Ollioules. Le moulin du château dû être installé avant cette date et aurait perduré jusqu'au XVIIème siècle.

En 1375, la ville élève ses remparts qui rejoignent les murailles du château et protègent ses habitants dans une enceinte fermée. Elle adopte le plan que nous lui connaissons aujourd'hui et se découpe en trois quartiers : noble, bourgeois et ecclésiastique.

Les ruines ont été rachetées par la commune en 1999 pour le franc symbolique. Cristallisé en 2012 - 2013 le site est à présent visitable.

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