Chemin privé !
Une tour au Revest les Eaux ; la Tour du Faucon à Puget-Ville ;
le pharo du Cap Sicié à Six-Fours les Plages ; la tour de la Pointe Grenier à Saint Cyr sur Mer ;
la tour Grimaud à Tourtour, d'autres tours à Cotignac, Castellane...

Les feux s'allumaient aux tours de guet. Le tocsin sonnait. Le peuple affolé courait s'enfermer dans les villages. Des fuyards grimpaient à Tourris. Les femmes pleuraient, traînant derrière elles leurs enfants. Les hommes valides couvraient la marche prêts à faire front. Alors, sinistre présage, descendaient des montagnes des vols d'éperviers et de chats huants, sachant qu'il y aurait bientôt des cadavres que personne n'enterrerait. " (Discours de remerciement à l'académie du Var - Mme Geneviève Guérad, 1976).

Les tours de guets ont fait leu apparition au Xème siècle. Le plus souvent à quatre côtés et situées sur un promontoire, elles étaient rarement isolées, pouvaient atteindre 30 mètres de haut et posséder des murs de 2 mètres d'épaisseur.
Pages : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15 - 16 - 17 - 18 - 19 -

Des tours : au Revest les Eaux.
" A sept kilomètres de Toulon et à une altitude de plus de deux cents mètres, sur une étroite plate-forme resserrée à l'Est et au Sud par des pentes rapides et abruptes, s'élève l'humble bourg du Revest. Sa ceinture de remparts écroulés et cachés en partie sous les lierres et les salsepareilles, ses maisons qui s'étagent les unes au-dessus des autres sur ses faces Nord et Ouest, son donjon seigneurial, reste d'une tour antique réparée et mise en état de défense au moyen-âge, lui donnent un aspect pittoresque et qui rappelle les constructions féodales. De tous les points de l'enceinte on domine les gorges fécondes de Dardennes, qui descendent du Nord au Sud, les défilés des Favières, qui courent de l'Est à l'Ouest, plus loin la plaine de Toulon, et à l'horizon la mer immense.

Au temps des attaques soudaines, quand la vie des peuples n'était qu'un combat perpétuel, ce lieu, fort d'assiette, ne pouvait être méconnu. " (Bulletin de l'Académie du Var - 1884).
tour le revest les eaux
La tour "sarrasine" du Revest les Eaux, comme d'autres tours provençales, elle n'a de "sarrasine" que le nom et serait simplement le dernier vestige d'une enceinte fortifiée appelée "castrum Revesto".
tour sarrasine le revest les eaux
8 mètres de côté, 12 mètres de haut et des murs de 2 mètres d'épaisseur. " L'origine exacte de cette tour n'est pas connue, mais selon l'hypothèse la plus plausible, elle serait un donjon du XIIIème sicèle, dernier vestige de l'enceinte fortifiée du Revest appelée "Castrum de Revesto. "
tour le revest les eaux
Pour bien comprendre, son agencement.

Des tours ... dans le massif de Marseilleveyre.
tour de guet calanques marseille marseilleveyre
Une ancienne tour de guet dans le massif de Marseilleveyre.

Des tours : la Pointe Grenier à Saint Cyr sur Mer
tour pointe grenier st cyr sur mer
La tour de guet de la Pointe Grenier à Saint Cyr sur Mer surveille la grande baie de La Ciotat depuis l'Antiquité. Reconstruite et modifiée au cours des siècles, elle a été restaurée en 1990.
tour pointe grenier st cyr sur mer
Des batteries d'artillerie furent encore installées sur le site au cours de la dernière guerre mondiale.
tour pointe grenier st cyr sur mer tour pointe grenier st cyr sur mer
A gauche la poudrerie et à droite l'ancien chapelle reconvertie en logement pour officiers.

La tour du Faucon à Puget-Ville a 5 et 6 côtés !? - l'Espace Naturel Sensible du Défens de la Tour

Propriétés des départements, les Espaces naturels sensibles (ENS) sont acquis pour leur valeur patrimoniale et leur intérêt écologique. Deux grands objectifs sont assignés à la politique ENS par la loi du 18 juillet 1985 : préserver la qualité des sites, des paysages, des milieux naturels, et aménager ces espaces pour être ouverts au public. Ainsi "en 1985, le département du Var acquiert un nouvel espace naturel sensible de 29 hectares autour de la tour du Faucon sur les hauteurs de Puget-Ville. Sa position géographique permet d'assurer qu'il s'agissait d'un avant-poste de guet. Elle appartenait, semble-t-il, au réseau de tours assurant la liaison entre Bormes les Mimosas et Signes. "

" La Tour du Faucon doit probablement son nom au seigneur Faucon de Glandevès, seigneur de Puget, qui possédait, au XIVe siècle, près du tiers de la seigneurie. Elle est mentionnée dans la liste des places fortes dressée en 1232, sous le nom de "Bastida de Pugeto". Egalement appelée "Tour du Défends" elle emprunte ici le nom du site où elle se trouve "La Tour du Défens". D'ailleurs, peut-être avez-vous remarqué les très nombreuses collines baptisées "Défens", ces dernières abritent souvent les vestiges d'un ancien oppidum. Construite bien après l'invasion en Provence, on oublie l'appellation "sarrasine".

tour du defends tour du faucon puget ville
Sur cette image datant de 2007, la structure de la tour semble fragilisée par différentes fissures et éboulements.

" ... en faisant des fouilles dans ses propriétés de la Foux, mit au jour des soubassements d'anciens murs à mortier de ciment romain et de nombreux débris dont le plus remarquable fut une grosse pierre taillée où était sculpté un phallus. Le Dr Grégoire trouve là la preuve évidente d'une « station militaire » mais en tout cas importante. Il ajoute que la tour du Faucon dépendait des barons de Forçalqueiret. L'aspect fruste et barbare de la Tour du Faucon, sa porte basse, à gonds de pierre, semblent pouvoir la classer parmi les édifices de ce genre qui s'élevèrent en France, aux temps carolingiens, pour remplacer sur les mottes féodales, les donjons de bois, ou partie de pierre et partie de charpente, qui s'étaient substitués eux-mêmes aux castra gallo-romains." (Bulletin de la Société d'études scientifiques et archéologiques de la ville de Draguignan - juin 1918).
tour du defends tour du faucon puget ville tour du defends tour du faucon puget ville
En 1995, une opération de cristalisation avait permis de figer les vestiges en l'état pour éviter que l'édifice ne se dégrade davantage. En 2012, le département décide de sa réhabilitation après l'effondrement d'une partie de la façade du mur est de la tour.

5 ou 6 côtés ? Dite "à éperon", répandue au Moyen-Age, la singularité de cette tour sans dépendance, est dans son nombre de côtés puisqu'elle en compte 6 à l'extérieur et 5 à l'intérieur. Elle doit probablement son nom de Tour du Faucon, au seigneur Faucon de Glandevès, seigneur de Puget, qui possédait, au XIV e siècle, près du tiers de la seigneurie. On l'appelle également Tour du Défends, du nom du site sur lequel elle se trouve. Sa position géographique permet d'assurer qu'il s'agissait d'un avant-poste de guet.
tour de guet Décembre 2016, le magazine départemental "Le Var" (éd n°2 hiver 2016/2017) annonce la fin des travaux de réhabilitation commencés à l'automne 2015.

« Le service du patrimoine et de l'archéologie du Département est intervenu. Une autorisation de sondage a été dé posée au début du chantier. Les premières recherches, effectuées à l'intérieur du bâtiment, ont permis de révéler des tessons du XIIIe au XVIIIe siècles. À l'extérieur, un réduit défensif, complètement enterré, a été dévoilé. Il mesure environ 8 mètres de long par 7,5 mètres de large. Suite à ces premières découvertes, un dossier d'aménagement a été monté auprès du Service régional de l'archéologie de la Drac qui a prescrit une fouille préventive. Elle vise à recueillir, de la manière la plus exhaustive possible, des données archéologiques, à en faire l'analyse et à en assurer la compréhension. "Ce chantier a été particulièrement intéressant au niveau des structures découvertes ", soulignent les archéologues départementaux. Des morceaux des poutres qui maintenaient le plancher du second étage ont pu être recueillis.

Ils sont en cours d'analyse par Frédéric Guibal, chargé de recherche CNRS à l'Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Écologie marine et continentale et spécialiste de dendroécologie et de dendrochronologie, l'étude de croissance des arbres. "Il va tenter de dater précisément ces bois. Dans le Var, nous manquons de référentiel pour le Moyen Âge, en dendrochronologie. C'est-à-dire que nous avons peu de bois déjà datés pouvant servir de référence. Cette découverte va peut-être permettre de combler un des vides pour la période médiévale" , continue Françoise Laurier, archéologue départementale. "Les fouilles révèlent des vestiges plus ou moins riches, en fonction des époques. Nous restons très réalistes sur ce que nous espérons trouver". »
« Avec ses 12,80 mètres de haut, la tour a retrouvé toute sa superbe après 11 mois de travaux.
tour de Faucon Puget-Ville « Le service du patrimoine et de l'archéologie du Département est intervenu. Une autorisation de sondage a été dé posée au début du chantier. Les premières recherches, effectuées à l'intérieur du bâtiment, ont permis de révéler des tessons du XIIIe au XVIIIe s. À l'extérieur, un réduit défensif, complètement enterré, a été dévoilé. Il mesure environ 8 m. par 7,5. Suite à ces premières découvertes, un dossier d'aménagement a été monté auprès du Service régional de l'archéologie de la Drac qui a prescrit une fouille préventive. Elle vise à recueillir, de la manière la plus exhaustive possible, des données archéologiques, à en faire l'analyse et à en assurer la compréhension. "Ce chantier a été particulièrement intéressant au niveau des structures découvertes ", soulignent les archéologues. Des morceaux des poutres qui maintenaient le plancher du second étage ont pu être recueillis.

Ils sont en cours d'analyse par Frédéric Guibal, chargé de recherche CNRS à l'Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Écologie marine et continentale et spécialiste de dendroécologie et de dendrochronologie, l'étude de croissance des arbres. "Il va tenter de dater précisément ces bois. Dans le Var, nous manquons de référentiel pour le Moyen Âge, en dendrochronologie. C'est-à-dire que nous avons peu de bois déjà datés pouvant servir de référence. Cette découverte va peut-être permettre de combler un des vides pour la période médiévale" , continue Françoise Laurier, archéologue départementale. "Les fouilles révèlent des vestiges plus ou moins riches, en fonction des époques. Nous restons très réalistes sur ce que nous espérons trouver". »

« La tour est constituée de 3 étages au dessus dr RDC et d'une plate-forme sommitale. Un mur d'enceinte dont il ne reste aucun vestige devait probablement exister suivi d'un fossé défensif. La porte d'entrée est située de plain-pied contrairement aux autres tours de défense, où habituellement, elle se situe au 1er étage. Les murs de rez-de-chaussée sont percées des 7 meurtrières de très faible largeur.
Le 1er étage, accessible comme les utres par un escalier en charpente de bois, n'avait pour sa part que 4 ouvertures. Les planchers intermédiaires étaient constitués de bois. Les 2ème et 3ème étage disposaient de deux ouvertures chasun, au nord puis respectivement à l'ouest et à l'est, c'est à dire vers la crête, tout comme l'éperon de la tour. » (Dessins sources : Centre départemental d'Archéologie/E. Sauze/Henri Grégoire).

« Des tuiles romaines ont également été retrouvées : "pour avoir du remblais au moment de la construction, les hommes ont récupéré des tuiles d'une villa romaine mais également des silex datant du Néolithique". Dans la tour, un jeton de présence en bronze datant du XVIIIe siècle, frappé par le Consulat de Lyon, a été découvert. Ces jetons étaient distribués au titre de gratification. Les fouilles sont aujourd'hui achevées sur l'intégralité du site. Les données scientifiques recueillies vont être ex ploitées pour reconstituer l’histoire du lieu, ses occupations humaines, son évolution à travers les siècles. La tour, ainsi que le réduit défensif, ont été entièrement réhabilités en pierres taillées. »

Des tours : à Six-Fours-les-Plages. " De la chapelle de la Bonne-Mère (ndlr : ND du Mai) , on jouit d'un des plus merveilleux panoramas du monde. " (Laurent Mongin).

Au dessus du cap Sicié, une vue immense embrasse la côte des calanques de Marseille aux îles d'Hyères. L'emplacement était donc idéal pour l'implantation d'une tour de guet dont la base est encore visible devant la chapelle de Notre Dame du Mai. Elle fut érigée en 1352 comme le rappelle un plaque aposée sur la gauche de l'échelle : " FAROTIUM SIVR GARDIA AL CAP DE CESSIEH 1352 - Feu de garde du cap Sicié reconstruite en 1589). Toute menace navale était alors signalée par les guetteurs qui allumaient un feu (farot) pour prévenir les habitants de Toulon, La Seyne sur Mer, Sanary, Six-Fours, Saint Mandrier ...
cap sicie farot
En 1530, une tour de garde complète le dispositif. Le 20 juillet 1589, une délibération de la communauté de Six-Fours décide son remplacement par une nouvelle tour de 8 mètres de haut. Selon le légende, elle fut frappée par la foudre en 1625. Les gardiens, miraculeusement épargnés, voulurent alors en action de grâce, y dresser une croix. La suite : ICI.

Vue imprenable sur la rade de Toulon.

" Le lendemain, au lever du soleil, la vigie du cap Sicié signala quinze vaisseaux anglais, une frégate et un brig dans le Sud ; presque en même temps, celle du cap Benat mettait la division française à 15 milles dans le S-S-E. Le vice-amiral Emeriau expédia sur-le-champ au contre-amiral Cosmao, par quatre voies différentes, l'avis de la réapparition de l'escadre anglaise, et l'injonction de rentrer à Toulon ou, si cela ne lui était pas possible, de se rapprocher de la côte, afin de pouvoir relâcher au besoin dans quelque port. " (Batailles navales de la France. Tome 4  - O. Troude - 1867/1868).


Pharos, Pharon, Pharo, Faron, Farot " ... parce que c'est indifféremment de cette manière qu'au moyen-âge on dé signait les points des montagnes où étaient établies des vigies se transmettant les signaux au moyen du feu. " Quartiers du Pharo à Marseille, Faro à Lisbonne, Mont Faron à Toulon, ces noms dérivent de celui de "Pharos" île abritant le célèbre phare d'Alexandrie en Egypte. A Toulon, le nom du mont Faron " résulte qu'au moyen-âge le nom de la montagne de Pharon était celui de la Bada, lequel s'est perdu complètement depuis. Mais ce nom de Bada, n'est lui-même que le synonime du mot vigie ou garde conservé, à travers la latinité, de la langue Celto-Ligurienne, qui fut celle de tout le littoral Méditerranéen, depuis le Rhône jusqu'aux Alpes maritimes, et qui formait l'un des idiomes de la langue ligustique. ...

Le nom de notre montagne est donc l'un des mots qui se sont maintenus dans l'idiome local depuis les temps antérieurs à l'établissement des Romains, et il nous prouve qu'à l'extrémité occidentale de cette montagne exista de tout temps une vigie pour surveiller la mer et signaler l'approche des bâtiments armés pouvant inquiéter les populations. Cette vigie correspondait avec celle de la montagne de Cicié, où se trouvait pareillement, avant la fondation de la chapelle de Notre-Dame-de-la-Garde, une croix de signaux et une vigie à la charge des habitants de Sixfours, au terroir de laquelle commune appartenait alors cette montagne." (Bulletin de l'Académie du Var - 1849).


A l'extrémité est de la crête, un ancien sémaphore a été détruit par les bombardements en 1944. " Vers le début du XIXe siècle, après la découverte du télégraphe aérien de Claude Chappe, un poste d'observation fut établi en 1821 au surplomb du Cap Sicié à 330 mètres d'altitude qui devint le Sémaphore, nanti d'un puissant télescope chargé de signaler tous les passages de navires, les accidents de la navigation, l'approche de navires ennemis en cas de guerre, etc..." (http://jcautran.free.fr/forum/sicie_janas.html).

Sale temps sur le cap Sicié ! Le 02 décembre 1890, un article du journal "La Justice" signale : "Un avis, arrivé à midi, prévient la préfecture maritime que la foudre vient de tomber sur le sémaphore du cap Sicié, et a détruit tous les appareils télégraphiques." Pas de croix ni de chapelle à cette extrémité est !

Le 24 décembre de la même année, on pouvait aussi lire dans le journal "La Presse" : "Une tempête épouvantable s'est abattue hier et cette nuit en mer. Hier matin, à 7 h. 45, le sémaphore du cap Sicie signalait à la préfecture maritime qu'un brick-goëlette français, coulant bas d'eau, faisant route dans la direction de l'ouest, avait son pavillon en berne. Le Robuste qui était sous pression recevait l'ordre d'appareiller immédiatement, ayant à bord le lieutenant de vaisseau Garnault mais, une demi-heure après, le sémaphore annonçait, qu'on apercevait deux hommes dans une embarcation et cinq sur des épaves flottantes ; quant au bâtiment, il avait coulé à pic à environ quatre milles dans l'ouest du cap Sicié. Les deux hommes purent atterrir. Quant aux cinq autres, on n'en a pas encore de nouvelles. " ... Les deux survivants du premier naufrage, actuellement à la Seyne, ont déclaré que le brick-goëlette se nommait Léonce, venant de Corse, avec un chargement de bois. Voici les noms des disparus Campin, capitaine Monnaie matelot, natifs do Banyuls-sur-Mer Stretti, maitre d'équipage, de Bastia ; Rocca, matelot, de Saint-Laurent Raoux, mousse, natif d'Arles."

De gauche à droite, l'antenne, Notre Dame du mai, et le sémaphore au loin.

" Le cap Sicié fut témoin, en 1744, d'une grande bataille navale, appelée dans l'Histoire, le combat de Toulon.

Le 15 avril 1742, l'Angleterre, qui était en guerre ouverte avec l'Espagne, envoyait une flotte, sous les ordres de l'amiral Mathews, bloquer une escadre espagnole qui se trouvait dans la rade de Toulon. La flotte anglaise, afin de surveiller de très près la sortie des vaisseaux espagnols, vint prendre son mouillage aux îles d'Hyères. Après avoir séjourné deux années dans les eaux de Toulon, l'amiral don José de Navarro, qui commandait la flotte espagnole, dut appareiller finalement. Son escadre se composait de douze vaisseaux mal armés et mal équipés. Comme il craignait, non sans raison, d'être écrasé par les forces anglaises qui comptaient quarante-deux voiles, la Cour de France, quoique en paix avec l'Angleterre, chargea le doyen des lieutenants généraux des armées navales françaises, la Bruyère de Court, de protéger la sortie de l'escadre espagnole avec les seize vaisseaux et les quatre frégates dont il disposait. C'était une détermination dangereuse qui pouvait entraîner la guerre avec l'Angleterre. C'est ce qui arriva malheureusement. ...

Vue sur les îles des Embiez (au premier plan), l'archipel de Riou et le massif des calanques.

" La bataille s'engagea vers midi environ. ... Le combat dura jusqu'à huit heures du soir. Vers minuit, un vaisseau anglais qui faisait eau de toutes parts, coula à pic. Les deux armées ennemies qui étaient restées en vue l'une de l'autre, toute la nuit, s'éloignèrent de la côte au lever du jour. La flotte franco-espagnole gagna Alicante et de là Carthagène, d'où de Court revint à Toulon. L'amiral Mathews se dirigea vers Mahon.

Le combat de Toulon eut pour les deux chefs, de Court et Mathews, qui cependant avaient fait bravement leur devoir, des conséquences bien douloureuses, tandis qu'il profitait à Navaro qui s'y était révélé comme un marin lâche et incapable. Les deux premiers furent disgrâciés par leurs gouvernements respectifs. De Court fut accusé d'avoir mal manoeuvré. Quant à Mathews on lui reprocha de n'avoir pas recommencé la bataille le lendemain matin. En Espagne, Navarro reçut de l'avancement et fut créé marquis. " (Toulon, sa rade, son port, son arsenal, son ancien bagne - Laurent Mongin - 1904).

Des tours : à Cotignac.

Deux tours du XIIIème siècle, contemporaines à l'installation d'un castrum, devaient servir de vigie surveillant la plaine de Saint-Martin au nord et toute la vallée au sud vers Carcès et Entrecasteaux.
Le village de Cotignac " est bâti précisément au pied d'un grand rocher escarpé, qui le met à l'abri du nord, dans une plaine vers le midi, serrée de fort prés par des collines. ... Il est du bailliage de Barjols et a le titre de baronie depuis 1487, sous Jean de Pontevès. L'ancien château des barons était sur une émience ; mais il est tout ruiné. " (Description historique du diocèse de Fréjus - JF Girardin, 1872).
cotignac
Au Moyen-Age, le village se concentre au pied du rocher avant de s'étendre dans la vallée à partir du XVIIIème siècle.
tour cotignac
" La petite ville de Cotignac dependait d'une Maison de ce nom, qui s'éteignit vers la fin du XIIIème siècle, Il ne resta qu'une fille, qui épousa Raimbaud de Simiane, Seigneur d'Apt auquel elle porta en dot la terre de Gotignac & celle de Carces ; mais n'ayant point eu d'enfant de ce mariage elle donna ces deux fiefs à Fouques de Pontevès, dont les descendants les ont possédés longtemps. " (Voyage littéraire de Provence , contenant tout ce qui peut donner une idée de l'état ancien et moderne des villes - JP Papon, 1780).
" D’après une tradition, qui nous parait plus vraisemblable, parce qu’elle est corroborée par plusieurs indications archéologiques, les habitants d’un ancien village, situé près des sources de Gautier et de Saint Martin, seraient venus, pour échapper aux poursuites des Sarrasins, se grouper autour du château de Gotignac, et y auraient transporté leurs foyers.
Il est certain que, dès l’an 1032 , le château de Cotignac appartenait à la famille de Castellane, et qu’un demi-siècle plus tard, en 1094, il était possédé par le seigneur Guillelmus Aldabértus. Ce qui est certain encore, c’est qu’en 1266, il existait, sur ce point, une agglomération assez importante pour nécessiter la construction d’une église. Déjà, à cette époque, la seigneurie de Cotignac avait été inféodée à Guillaume, fils de Marcio de Rheza, par Raymond Bérenger IV, comte de Provence. " (Histoire de la commune de Cotignac - Octave Teissier - 1860).


La grande falaise de tuf, 400 m. de long pour 80 de haut, est figée depuis le détournement de la rivière Cassole au XVIII siècle. Comme à Villecroze, la falaise avait été fortifiée, une grotte assez grande pouvait accueillir habitants, animaux et vivres en cas de nécessité.

" Cotignac mérite beaucoup plus qu’un simple regard. La richesse de son patrimoine architectural et culturel, le charme paisible de la vie quotidienne en toute saison, si caractéristiques de l’âme provençale de ce village de caractère(s) enracinée dans les ruelles, sur les places et aux abords des fontaines, valent de leur consacrer un peu plus qu’une simple escale. " (site Mairie de Cotignac). Et c'est vrai, ses chapelles ND de Grâces, St Martin, St Bernard, le monastère St Joseph, sa glacière, son moulin, le Grand Bessillon et une des plus belles vues du Var ...

Des tours : Tourtour, la tour Grimaldi.

" Et pour une autre preuve de la défaite des Sarrazins en Provence, et de la valeur de ce Grimaldis, il se voit encore près du lieu de Tourtour en une plaine et rase campagne, une très belle, grande et épaisse tour, vulgairement appelée la tour de Grimaut, près de laquelle il se trouve une très grande quantité de tombeaux et d'ossements ... Il y a de l'apparence qu'il se donna là une grande bataille, vraisemblablement entre Chrétiens et Sarrazins ". (Histoire chronologique de Provence - Tome Second. Depuis l'établissement de son Comté jusqu'aujourd'hui - par le Sieur Honré Bouche, docteur en théologie, 1786).
tour tourtour
Du même auteur : " Et puisque cette tour est dite de Grimaut, il y a de l'apparence qu'elle fut faite du temps de ce Giballinus de Grimaut, qui lui donna son nom ". La Tour Grimaldi ou tour Grimaut(d) fut construite en 1129. Elle célèbre le souvenir de la victoire de la bataille de Tourtour dirigée par Gibelin de Grimaldi qui reçut de Guillaume Ier de Provence la baronnie de Grimaud en récompense de ses exploits contre les Sarrasins vers l’an 975.
tour de geut tourtour
Située à 600m d'altitude, la tour domine la vallée à l'ouest de Tourtour. Son système défensif est commun à ce type d'ouvrage, meurtières et hourd permmettaient une défense sommaire de l'ouvrage dont la fonction principale était l'observation.

Des tours ... à Castellane.
tour Castellane
Une autre tour pentagonale à Castellane, commune aux portes des gorges du Verdon dans les Alpes de Hautes Provence. Datée de la seconde moitié du XIVème siècle, elle permettait aux habitants de surveiller les mouvements dans les plaines conduisant au village alors que la période est troublée par différentes crises. A l'arrière-plan, ND du Roc, domine le village actuel et sur son flan Est, les ruines du village primitif de Petra Castellana abandonnné au XIIIème siècle.


Tour du château d'Hyères. " ... il advint que le fils du roi passa par la forêt, juste devant cette tour. Il entendit un chant si mélodieux qu'il arrêta son cheval pour écouter. C'était Raiponce qui essayait de passer le temps dans sa solitude en chantant de sa voix douce. Le prince chercha en vain la porte de la tour ; mais ce chant lui avait tellement touché le cœur, qu'il revint chaque jour dans la forêt, pour l'écouter. Une fois qu'il était caché derrière un arbre, il vit arriver la sorcière et il l'entendit qui disait « Raiponce, Raiponce, Laisse tomber tes cheveux ». " (Contes allemands du temps passé extraits des recueils des frères Grimm et de Simrock, Bechstein, Franz Hoffman ... ed 1869)

Tour Fondue, de l'Ubac, Royale ou encore de Beaumont ... Retrouvez ces autres tours dans les autres pages des Places Fortes.

Pages : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15 - 16 - 17 - 18 - 19 -

Haut de page - retour page d'accueil


Un renseignement, un commentaire ...
Saisir un prénom ou un pseudo :
Votre Email (facultatif) :

Commentaires :


Retour page d'accueil