Chemin privé !
Moulins à eau
A Ollioules, au bout du circuit de l'eau : le moulin de Palisson
Une très jolie promenade qui ravira les grands et les petits le long circuit de l'eau à Ollioules - vous vous arrêterez donc en chemin au jardin d'enfants. Historique, éducatif, riche, très bien renseigné, donc à ne pas manquer - l'office de tourisme vous renseignera sur les jours et horaires d'ouverture du moulin. Mais avant de se mettre en route, saluons les élèves du lycée Langevin, l'association Tremplin, le Groupe de Recherche sur le Patrimoine Ollioulais et tous les acteurs qui ont participé à la renaissance de ce patrimoine.
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Début de l'histoire de notre moulin : Jacques Parisson, coseigneur du Revest, possédait la moulin au XVIe siècle et le louait à la ville en échange d’une rente annuelle en nature, l'altération de son nom donnera le sien au moulin : Palisson (Ollioules.fr).   
moulin eau ollioule
En 1886, " le canton d'Ollioules n'a que très peu d'eau courante, et la plupart de ces petits cours d'eau tarissent au commencement de l'été. Les riverains ont le droit de s'en servir à leur passage sans établir de nouvelles œuvres et en rendant ensuite l'eau à son cours naturel. Ollioules possède seul plusieurs sources abondantes, qui réunies au peu d'eau de la rivière par des barrages et canalisées ensuite, servent à mouvoir des moulins à huile et à farine et à l'irrigation d'un grand nombre de jardins potagers. Celui, sur le fonds duquel coulent des eaux pluviales, a le droit d'en disposer sans être obligé de les rendre à leur cours. " (Usages et règlements locaux ayant force de loi dans les arrondissements de Toulon, Var).
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LES SOURCES. A Ollioules, le béal, canal des arrosants, est alimenté par plusieurs sources captées à l'ouvert des gorges d'Ollioules : la source Allemand, la source de Marc ... La plus importante est celle de Labus dont la température avoisine les 24°C. Cette dernière marque aussi le début du canal qui est d'abord souterrain sur 352 m (ci-dessus).
ollioule lavoir
lavoir des rattes ollioules LES LAVOIRS. Situés au nord du village, le lavoir des Arbres est naturellement situé ... chemin des Arbres. Il a été construit en 1935. Les lavandières appréciaient sûrement la température de la source de l'Abus qui l'alimentait, proche des 24°C, bien plus chaude que celle de la Reppe coulant en contrebas.


A gauche et en se rapprochant du centre-ville, le lavoir des Rattes date d'avant 1900.
beal ollioules
LA RESCLAVE. Toujours en amont de l'office de tourisme, une première resclave, barrage permettant au béal de traverser un cours d'eau sans perte de débit. L'eau était ainsi canalisée jusqu'aux différents jardins et moulins, dont celui de Palisson.

Le pont de Bonnefont en arrière-plan, ainsi nommé en référence à une source - voir ci-dessous - "font" en provençal - ce quartier était autrefois constitué de jardins où l'on cultivait fruits et légumes. Le seigneur d'Ollioules y possédait le sien.

barrage beal
La même resclave vue vers l'amont.

Ollioules terres de jardins depuis le Moyen-Age. C'est vraisemblablement à cette époque que les marécages furent asséchés pour être transformés en terres cultivables. Chaque famille, notables et seigneur compris, possédait un jardin. Si la production servait avant tout la consommation familiale, à Ollioules, la production était suffisamment excédentaire pour être en grande partie vendue.

On y cultivait le chou, l'oignon, la laitue ou le poireau très employés dans la cuisine médiévale. Ils devaient figurer en bonne place aux côtés des cultures méditerranéennes, olives, grenades, amandes et surtout la figue, qui fit la réputation d'Ollioules sur les marchés marseillais.


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LA BONNEFONT (rue de l'Oratoire). Le nom Bonnefont désigne à la fois la source et le quartier où elle surgit. C'est en effet en partie grâce à elle que les jardins se sont développés dans ce secteur. Protégé du Mistral et du vent de Nord-Est par les collines dominant les gorges et les crêtes du Croupatier, ils étaient propices à la culture des fruitiers : orangers, citronniers, pamplemoussiers mais aussi grenadiers ou jujubiers. La culture de l'oranger est en effet attestée depuis le XVe siècle et lorsqu'en 1564 le jeune roi Charles IX accompagné de sa mère Catherine de Médicis, visita la ville, il reçut en cadeau ... un oranger.

La source de Bonnefont est une résurgence de type vauclusien qui alimente la Reppe. Son débit est intermittent avec des variations très importantes. Son eau, comme celles de toutes les sources de la vallée de la Reppe, provient du massif de Siou-Blanc. De par sa nature géologique, ce massif abrite des réservoirs souterrains qui se remplissent lorsque les pluies sont suffisamment fortes et prolongées avant de déverser leur trop-plein. Ce flux abondant après un période pluvieuse finit par se tarir lors des sècheresses.

Si l'eau est ici bien présente, son niveau est en dessous de celui des jardins à irriguer. La solution ? La noria, comme au centre de l'image ci-dessus.
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LA NORIA. La noria - ou pompe à chapelet - "posaraca" en provençal est un système connu depuis l'Antiquité qui permettait d'alimenter des bassins dont le niveau pouvait être supérieur à celui d'un canal ou d'une source - comme ici à Bonnefont. Constitué par un chaîne munie de godets en terre cuite, bois, ou zinc et actionnée par des engrenages, la noria était activée par l'homme ou le plus souvent par un âne ou un mulet progressivement remplacés par des moteurs.

Avant-après ... A Bonnefont, la distribution de l'eau aux propriétés agricoles situées au-dessus de la source a nécessité de aménagements dont : l'utilisation d'une noria, des canaux pour la conduite jusqu'aux jardins, et des serves pour sa gestion et la conserver en périodes sèches (voir plus loin : les serves).

La noria de la photo était actionnée par un moteur et fut sans doute actionnée à l'aide d'animaux à son début. Sur l'image en noir et blanc, on distingue le tuyau d'amenée d'eau vers les canaux d'irrigation et ses godets (en zinc) soutenus par la structure métallique encore visible aujourd'hui.

noria pompe elevation eau
Différentes machines pour élever l'eau au XVIIIe siècle. " De toutes les sciences applicables à l'usage de la société, la plus utile, peut-être, est cette branche de I'hydraulique qui enseigne les procédés propres à opérer l'élévation de l'eau au-dessus de son niveau naturel. " (Traité d'hydrauférie, ou l'art d'élever l'eau portée à sa perfection - Charles Louis Marquis DUCREST - 1809).

Remarquez à gauche une noria mue par une roue à cuillères (en bas, à gauche), à droite deux hommes enchaînés employés pour "épuiser les Eaux de la Forme".

barrage digue ollioules
Une deuxième resclave sur la Reppe, située à proximité de l'office de tourisme. Le bâtiment à l'extrême gauche est un pigeonnier, en restauration au moment de la photo.

LA FONTAINE

La fontaine de Septem alimentait le faubourg du Septem. Sur la place le bureau qui percevait un impôt correspondant au septième des récoltes.

Sur la même place, situé approximativement à l'emplacement actuel Espace culturel Pierre Puget, le moulin du Septem était le plus important moulin à grignons de la région toulonnaise. Il y avait 18 bancs à 2 vis de pression et 1 banc à vis de pression, soit 37 pressoirs.

LA RECENSE. Les grignons sont les restes des chairs d'olives ayant été pressés à froid pour la consommation. Ces restes sont ensuite immergés dans des bacs d'eau chaude et repressés. L'huile obtenue est utilisée dans la fabrication du savon, en combustible pour les lampes à huile et dans l'industrie pour le graissage des machines.

Ollioules a développé très tôt les moulins à recense, ou moulins à grignons. Ces huileries approvisionnaient les savonneries toulonnaises puis marseillaises. S'ils sont ouverts, ne manquez pas le moulin de Zanni et le "Vieux Moulin" reconverti en salle  d'exposition. Et pour plus d'informations sur les moulins à huile, c'est ICI.

Tant que nous y sommes, ne manquez pas non plus de passer par la boutique de nougat Jonquier.

fontaien ollioules
ollioule
ON NE PLAISANTE PAS AVEC LA REPARTITION DE L'EAU ! " La possession des moulins et des eaux, leur mise en produit et surtout l'équitable répartition des eaux d'arrosage, étaient un objet de vive sollicitude pour les magistrats consulaires. Les titres et les documents relatifs à ces questions intéressantes existaient en très-grand nombre, mais ils se trouvaient répandus dans une multitude de dossiers de procédure. " (Bulletin trimestriel de la Société des sciences, belles-lettres et arts du département du Var, 1863).

Les deux facteurs principaux régissant la distribution de l'eau sont la fréquence et l'importance de l'irrigation. La quantité d'eau maximale d'eau à apporter à la parcelle est déterminée par le volume d'eau que le sol peut emmagasiner. La périodicité minimale entre deux arrosages est celle qui permet au sol de conserver toujours un minimum d'humidité. Elle varie selon les besoins en eau de la culture, son cycle, la nature du terrain et les saisons.
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LA MARTELIERE. La distribution de l'eau vers les différents canaux de dérivation était assurée par l’ouverture ou la fermeture de martelières, plaque en métal actionnées verticalement. Quant aux canards, nous les retrouverons !

Concernant l'arrosage à l'ancienne dans les parcelles. L'eau du béal était conduite aux planches de culture par des canaux de terre tracés à la trinque, sorte de houe dont le fer forme un angle aigu avec le manche. On libérait alors le flux d'eau vers les différentes cuvettes creusées entre deux lignes de culture en rompant les esparciers, sorte de butte de terre, grâce à un habile coup de trinque.

ollioules
Le canal a alimenté en eau jusqu'à 93 propriétaires jardiniers et 7 moulins (farine et huile) ou usines. Les droits de quantité d'eau étaient comptés en minutes, 1 minute permettant l'irrigation de 54 m².

Les 9052 minutes des 10 080 que compte une semaine étaient réparties entre les différents utilisateurs, les 1028 restantes servaient à recompléter les réservoirs. Un garde assermenté veillait au respect du règlement, il signalait à grand coup de trompe (photo de droite) les ordres d'ouverture et de fermeture des trappes d'irrigation.
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Un homme avait pour mission de veiller au bon fonctionnement de ce système. Appelé Meladou de l'aigue sous l'Ancien règime, puis Garde-canal jusqu'au XXe siècle, il était chargé de surveiller les voleurs d'eau qui, en catimini et souvent la nuit, soulevait leur martelière hors de la période de distribution. Pour éviter ce genre de problème, le garde canal cadenassait les martelières la nuit et venait les ouvrir dès le lever du jour. De plus c'est lui qui, au moyen de sa corne (voir plus haut), donnait le signal d'ouverture et de fermeture des martelières.

Les arrosages ont lieu selon un minutage précis, déterminé à l'avance, variant selon les saisons et les besoins en eau des cultures : il est par exemple plus strict en été et plus souple en hiver.

Le territoire irrigable était divisé en 5 quartiers, chacun bénéficiant d'un jour précis dans la semaine pour arroser. La durée d'irrigation s'étalait sur 24 heures par quartier, mais les plus grands pouvaient bénéficier de 48 heures d'arrosage.

La durée d'arrosage par parcelle était calculée en minutes, quantité d'eau préétablie et proportionnelle à la surface irrigable. Une minute correspondait à l'arrosage de 54 m2 de jardin. Entre deux arrosage d'une même parcelle, l'eau a fait un tour en servant toutes les autres parcelles.


LA FLEUR. En 1883-1889. " Nous traversons encore Ollioules, en respirant les émanations embaumées de ses jardins fleuris ; nous reprenons la berge de la Reppe, nous donnons une minute d'attention à un vieux petit pont, construit en dos d'âne et supportant une niche destinée à recevoir la statue du saint patron ; nous sommes heureux de revoir ces cultures si soignées, aux rideaux de cyprès noirs, disposés de manière à atténuer les effets désastreux des vents ; puis, voici que se montrent des touffes dorées.... Les immortelles, sans doute ? (Le littoral de la France, Ch.-F. Aubert).

Au XIXème siècle, l'arrivée du chemin de fer va marquer un tournant dans l'histoire d'Ollioules et aura deux conséquences : les productions vont pouvoir être vendues plus loin et de nombreux paysans vont se lancer dans la culture de la fleur fraîche, génératrice de plus de revenus ; de nombreuses familles ollioulaises vont s'enrichir par ce nouveau négoce.

bassin reserve eau
LA SERVE, servait à conserver une provision d'eau et réguler son utilisation pendant une durée précise. Ce bassin d'une capacité de 150 mètres cubes, était une réserve d'eau destinée à l'arrosage. L'eau n'étant pas apportée à la parcelle de façon continue, le but premier des bassins est de stocker l'eau afin d'irriguer entre les temps d'arrosage officiels, décidés suivant un calendrier précis.

Il y a aussi des oies au bord de la Reppe !
serve ollioules
La commune d'Ollioules comptait plusieurs serves sur son territoire lorsque le béal était encore la principale source d'irrigation de la ville jusqu'en 1977. La plupart stockait l'eau pour une durée d'irrigation d'une semaine.

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La Resclave de Rebuffel, construite en 1568 par un certain Jacques Suquet, maçon du Beausset. Exceptionnellement bien conservée, elle a la particularité d'être la seule historiquement documentée avec précision.

L'eau, après avoir alimenté le moulin de Figuière, arrive du côté droit de la Reppe, vient buter contre la resclave qui la répartit alors en deux quartiers : 1/5ème de l'eau est dirigée vers le quartier de Roustidou par un canal souterrain et les 4/5ème restants vers le moulin de Palisson puis au quartier des Plans. 3592 mètres de canaux principaux parcourent encore aujourd'hui la commune.


UNE DEUXIEME NORIA. " Dans des villages comme Ollioules, la Garde, les deux Solliès, la Crau, la Valette, dans le territoire d'Hyères surtout, le sol est perforé de milliers de puits, où des norias tournées par des chevaux et construites sur le pur modèle arabe, répandent l'eau dans les champs de violettes et de jacinthes, de fraises et d'orangers, de roses et d'œillets cultures charmantes, plus rémunératrices que toutes les autres. " (Bibliothèque universelle et Revue suisse - 1887).

Un deuxième noria après celle de Bonnefont. Elle date du XIXe siècle et permettait d'amener l'eau du canal vers les aires de lavage du blé situées en amont du moulin de Palisson.
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Et une troisième ! La noria "de Lei Platano", dite à puits, elle était actionnée par un animal. Comme pour le moulin à sang, l'animal tournait en rond pour la faire fonctionner. Elle a été réhabilitée par le Groupe de Recherche sur le Patrimoine Ollioulais.

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LE MOULIN DE PALISSON. Comme la plupart des moulins d'Ollioules, celui de Palisson, mentionné au XVème siècle, est un ancien moulin à blé. Cette céréale était peu cultivée sur le territoire de la commune, elle était en grande partie achetée dans le moyen Var, dans la vallée du Rhône ou de la Durance.

Le meunier, qui touchait une rente annuelle pour entretenir et faire fonctionner le moulin, habitait sur place et disposait d'un jardin privé.
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LA ROUE A CUILLERES (ou à rouet volant).

A l'origine le moulin tournait grâce une roue à cuillères, elle était en bois et a malheureusement été détruite. Une roue neuve d'un 1,5 m. de diamètre a dû être confectionnée ; elle a été brillamment réalisée par les élèves des ateliers "Bois" et "Fer" du lycée Langevin de La Seyne sur Mer. Les élèves du même lycée ont également réalisé la roue à augets (roue verticale) qui a par la suite remplacé la roue à cuillères.

La grande planche contre le mur à gauche est un tribulum, incrustée de silex et tirée par un animal, elle servait au dépiquage (séparation des grains de la paille).

A droite, nous sommes descendus d'un étage dans le moulin, la roue à cuillères était positionnée au centre de ce socle en pierre.
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" Dessin d'un moulin comme on les fait en Provence & en Dauphiné - 1737-1739. "
     " En Provence et dans une bonne partie du Dauphiné les moulins y sont d'une grande simplicité, n'ayant qu'une roue horizontale D de 5 ou 7 pieds de diamètre, dont les aubes font faites en cuillères pour recevoir le choc de l'eau qui coule ordinairement dans un auge A ; l'arbre E qui répond à la meule supérieure et la seule pièce qui sert à lui communiquer le mouvement, et je ne crois pas qu'il soit possible de faire un moulin à moindre frais ; il est vrai qu'il faut pouvoir ménager une chute comme celle que l'on voit ici, est qui sont très-fréquentes dans ce pays-là.

La roue tourne sur un pivot dans une crapaudine pratiquée au milieu de l'entretoise du châssis OF, servant à approcher les deux meules, par le moyen de la vis qui est à l'extrémité de la pièce G, et de l'écroue H que l'on fait tourner pour hausser ou baisser le châssis. Les roues que l'on voit exécutées dans le goût de celle-ci ont leurs cuillères amplement assemblées à l'arbre par un tenon et une cheville fortifiée par le dessous par des membrures qui les entretiennent toutes ensemble ; d'autres sont faites, comme on le voit au plan M, et à son profil M, que la seule inspection de la figure fait assez connaître pour n'avoir pas besoin d'explication.

Quand le Meunier veut arrêter le Moulin, il peut sans sortir interrompre le cours de l'eau en pouffant la perche I, baisser le clapet L qui est attaché aussi bien que le bras de levier K à un tourniquet qui facilite cette manœuvre ; plus haut il y a une vanne à l'entrée du canal, comme on le voit marqué à l'endroit C du plan pour empêcher que l'eau n'y entre et qu'elle ne se perde en passant par dessus les bords,  comme cela arriverait si l'on ne fermait que le clapet L : on la ménage dans un réservoir lorsque le moulin chôme pendant quelque temps pour en avoir ensuite avec plus d'abondance. " (Architecture hydraulique, ou L'art de conduire, d'élever et de ménager les eaux pour les différents besoins de la vie ... M. Belidor - 1737 - 1739).

Et voilà, comme à Palisson - avant l'installation d'une roue verticale - vous retrouverez l'application de ce système au moulin de Blanche à La Garde Freinet, un peu plus loin dans cet article. Justement, à propos des roues verticales ...
Au fil du temps, les roues verticales, plus faciles à construire et offrant plus de puissance, ont été préférées aux horizontales.

A gauche, au plus simple, on retrouve le principe du fonctionnement décrit en page 1, l'eau fait tourner une roue à aubes qui est reliée au rouet ; ce dernier transmets le mouvement à la lanterne qui fait alors tourner la meule.

" Depuis qu'on a commencé à faire usage de la force de l'eau pour mouvoir les Machines, toute la perfection à laquelle les plus habiles Machinistes ont pu atteindre s'est bornée à mettre d'abord la puissance en équilibre, avec le poids qu'il s'agissait de mouvoir, ensuite à diminuer le poids au hasard, ou à augmenter le rayon de quelqu'une des roues, afin que la puissance l'emportant sur la charge, elle mit la Machine en mouvement, sans savoir jusqu'à quel point devait aller la vitesse ; on pensait même que plus cette vitesse serait grande, et plus l'effet en serait avantageux, et ce sentiment paraissait si naturel qu'on était fort éloigné de le croire susceptible d'erreur. "

Conclusion, ce n'est pas parce qu'une roue tourne vite qu'elle est "avantageuse".


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LA ROUE A AUGETS du moulin de Palisson : 48 augets ; 1,3 tonne ; 4,5 m de haut ; 1,02 m de large.
A gauche le mécanisme (incomplet) permettant de relier la roue aux meules situées à l'étage supérieur. L'espoir des restaurateurs est de moudre du blé en 2020 après plus de 20 ans de restauration. Et ils viennent de loin ...


(http://www.ollioules.fr/vie-economique/tremplin-83)
Mais revenons à l'efficacité de nos roues verticales en 1737. " Tel était l'état de la Mécanique, lorsque M. Tarent par une suite de réflexions,  s'aperçut que pour qu'une Machine mue par un courant, fut capable du plus grand effet qu'elle pouvait produire, il fallait nécessairement qu'il y eut un certain rapport déterminé entre la vitesse de la roue et celle du courant : ayant suivi cette idée, il a découvert par le calcul que la vitesse de la roue devait être le tiers de celle du courant, ou que la Machine ne devait faire mouvoir que les quatre neuvièmes du poids qui lui convenait dans l'état d'équilibre car les roues qui trempent dans l'eau étant accompagnées d'aubes qui se succèdent immédiatement, peuvent être considérées comme une seule surface qui recevrait l'impression du fluide fans interruption. " (Architecture hydraulique, ou L'art de conduire, d'élever et de ménager les eaux pour les différents besoins de la vie ... M. Belidor - 1737 - 1739).

" Différentes manières de faire tourner les roues de moulin " : par en-dessus, de côté, pendantes, Poncelet, flottante Colladon, à compartiments Marozeau, à goitre, à coursier annulaire, de poitrine ou encore à aubes ...

En haut à gauche, la roue à aubes, ou "par en-dessous", bien connue à l'Isle sur la Sorgue, la force du courant pousse les aubes qui sont planes. Ou l'inverse, en bas à gauche, une alimentation par le haut de la roue, les augets ont une forme qui retient l'eau, le poids est alors plus important pour une meilleure rotation de la roue.
moulin palisson ollioules moulin palisson ollioules
Sur la droite de chaque photo : un tarare (ou vanneuse, traquinet, ventaire, ou encore ventarelle) permettait le vannage. La rotation du volant (roue à gauche) créée un courant d'air permettant la séparation des grains des impuretés (balle, pailles menues, criblures ...). Le nom tarare vient du bruit généré par son fonctionnement.
moulin palisson ollioules
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Ci-dessus, la meule tournante (supérieure) est saisie grâce à une grue tournante pour être soulevée, cette opération permettait le nettoyage ou le rhabillage de la meule (voir ICI) - ce n'est donc pas ce système qui faisait tourner la meule, mais celui expliqué en page 1 ou un peu plus haut sur cette page.

Pour rappel, la force de l'eau fait tourner la roue à cuillères qui entraîne la meule courante (celle du dessus). Lorsque le blé est versé dans la trémie, en forme d'entonnoir (au fond à droite de l'image), un auget le fait descendre par le trou central de la meule. Ecrasé entre les deux meules, le blé devient farine et son et ressort à la périphérie entre les deux meules.

L'aiguille permet de régler l'intervalle entre les deux meules et donc la finesse du grain.

Quand le grain venait à manquer, le frottement des meules pouvait provoquer une étincelle risquant d'enflammer le bois du tambour mais surtout la poussière de farine très explosive. Pour éviter cet aléa, un mécanisme permettait de faire sonner une clochette quand la trémie s'était vidée.
moulin eau roue horizontale

Nos deux systèmes au XVIIIe siècle.
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moulin palison



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En aval du moulin, le gourd de la Cachoffle (en provençal, l'artichaut) divisait le canal en cinq branches. L'une alimentait un moulin situé sur la commune de Six-Fours et les quatre autres desservaient les exploitations de la plaine.

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" Dans les années 1570, le fils du coseigneur du Revest, Melchior Parisson, décide de céder définitivement le moulin à la ville, contre la somme considérable de 200 écus. Le conseil de ville trouve cette somme trop élevée, mais la transaction finit par se faire, puisqu’au XVIIe siècle le moulin figure parmi les possessions communales. " Il restera en activité jusqu’en 1912. (Ollioules.fr).


Vous pouvez compléter ce circuit au centre ancien, passez voir le terme derrière l'église, le château, la chapelle ND d'Espérance et le local Bottin-Layet avant de monter à l'oppidum de la Courtine, mais là, il vous faudra la journée pour tout faire !

Et pour d'autres moulins à eau : le moulin de Blanche à La Garde Freinet, à Bargème et à Gémenos.

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