Chemin privé !
Fortification autour de la rade de Toulon : le Gros Cerveau, le Mont Caume, le Las, le Coudon

" Raymond Adolphe Séré de Rivières, né à Alby le 20 mai 1815, entré à l'Ecole Polytechnique en 1835, il choisit à sa sortie l'arme du Génie et après un court séjour au régiment fut envoyé à Toulon, où s'exécutaient alors de grands travaux. ... un bon constructeur et une habileté rare pour agencer entre elles les différentes parties de la fortification." (Livre du centenaire : 1794-1894 - École polytechnique - éd 1895).
Ce général bâtisseur laissa son nom au " Système Séré de Rivières ", ensemble de fortifications bâti à partir de 1874 le long des frontières et des côtes françaises, (ndlr, en particulier à Toulon), en métropole ainsi que dans quelques colonies. Ce système défensif remplace les fortifications bastionnées mises en place notamment par Vauban.
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Fortifications du Gros Cerveau
Après la défaite de 1870. « Pour bien apprécier la grandeur de l'œuvre du général Séré de Rivières et les difficultés exceptionnelles que présentait son exécution, il faut se souvenir des circonstances dans lesquelles elle a été entreprise.

La perte de deux provinces (ndlr : l'Alsace et la Lorraine) avait fait, sur notre frontière de l'Est, une brèche de 300 kilomètres environ, entre le Luxembourg et la Suisse. Les progrès de la science balistique réclamaient une protection plus efficace des ouvrages. Les principes de la fortification, son tracé, son organisation intérieure devaient être modifiés ; il fallait, pour ainsi dire, improviser une œuvre de toute pièce.

Enfin, les bruits persistants de reprises d'hostilités devenant de plus en plus menaçants, il convenait, non seulement de créer et de bien faire, mais d'agir avec une rapidité que les sollicitations pressantes du Gouvernement rendaient encore plus impérieuses.

Les mémoires présentés par le général de Rivières au Comité de défense exposant la situation de toutes nos frontières, les conditions nouvelles de la défense, les éventualités à redouter, les moyens de parer aux dangers, sont des modèles de clarté et de concision, où sont traitées, avec une grande élévation d'idées, les plus hautes questions se rattachant à l'art de la guerre, et plus spécialement à l'occupation du terrain. » (Rapport du conseil municipal de Paris - 1914).
fort batterie du Gros Cerveau
L'ouvrage de la pointe est du Gros Cerveau a été construit à la fin du XIXème siècle et occupé par les armées françaises. Les Allemands s'y installent en 1943 et y construisent un blockhaus. En effet, sa vue panoramique lui confère un intérêt stratégique non-négligeable.  Infra, son miroir situé à l'ouest de la barre.

En 1943, les Allemands s'installent sur le Gros Cerveau et occupe l'ouvrage est. Ils construisent un petit blockhaus (ci-dessous) un cinquantaine de mètres devant l'entrée centrale du fort. Il s'agit d'abord d'un poste de direction de tirs qui compliquera l'avancée des troupes alliées en août 1944.
blockaus Ollioules
Après le débarquement de Provence en août 1944, le 7ème Chasseurs d'Afrique s'inquiète de la position de certaines batteries hippomobiles allemandes. Il demande le bombardement des forts de Six Fours et du Gros Cerveau. ...
blockaus Gros Cerveau
Par chance, "au pied du Gros Cerveau le spahi Oliveri découvre et sectionne le câble reliant l'observatoire au fort" (extrait de La bataille et la libération de Toulon, Paul Gaujac). Les tirs vont cesser avant de reprendre avec moins de précision. Les Allemands finiront par se rendre non sans avoir auparavant touché mortellement le chef de char André Magnien qui montait à l'assaut d'Evenos (lire : ICI).
fort du Gros Cerveau
Ci-dessus le miroir du premier fort : l'ouvrage de la pointe ouest du Gros Cerveau.

  
Evenos  : le fort de Pipaudon.
" La protection du port de Toulon face à l'évolution des armements, le relèvement de la défense de nos frontières aux lendemains de la guerre de 1870, devaient conduire à la mise en place de nouvelles fortifications connues sous le nom de "Sérée de Rivière". À Toulon, la construction de ces nouvelles enceintes débute à partir de 1873. Un nouveau rideau fortifié se substitue à celui édifié autour des années 1840 sur le Faron. Partant du fort de Six-Fours, il s'étire sur une ligne de 35 km jusqu'à la ColleNoire en passant par le Gros-Cerveau, le mont Caume et le Coudon. Le fort de Pipaudon en constitue la touche finale. Placé aux avant-postes, à la sortie des gorges d'Ollioules, il contrôle la plaine du Beausset et le glacis du mont Caume." (magasine Cols Bleus, éd du 06/01/2001).
pipaudon fort evenos
Le "jeune" fort de Pipaudon fait face à l'ancienne forteresse d'Evenos.
fort pipaudon evenos fortification sere de rivieres

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Si l'image précédente ne vous a pas convaincu du caractère de forteresse, celle-ci replace le fort au sommet de sa colline à 406 m. d'altitude.
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" Pipaudon s'inscrit dans ce vaste ensemble des forts protégeant Toulon (fortifications du système Séré de Rivières). Après de premiers aménagements visant à l'installation d'une batterie mobile, la valeur militaire du site devait conduire à son occupation permanente. Le projet, approuvé en 1892, est mis à exécution entre 1893 et 1895. L'ouvrage adopte un profil furtif, ses dispositions architecturales répondent à l'ultime évolution de l'art de la fortification.

Les locaux sensibles sont creusés dans le roc, la partie supérieure de l'ouvrage est affectée à l'artillerie. Le fort reçoit un armement théorique de 6 canons de 120 mm, 6 canons de 95 mm et 2 mortiers de 15 mm servis par 250 fantassins et 110 artilleurs. Le coût de sa construction s'élève à 376 000 francs-or. " (magasine Cols Bleus, éd du 06/01/2001).
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Comme ses homologues le fort possède tous les moyens nécessaire à la mise en œuvre d'un armement lourd : magasins, poudrerie, monte-charge, citerne, locaux-vie ...

Le 21 août 1944, le 3ème RSAR (Régiment de Spahis Algériens de Reconnaissance) et des éléments du 7ème RCA (Régiment de Chasseurs Algériens) en route vers Toulon libèrent Sainte-Anne d’Evenos. Les Allemands ayant miné les gorges d'Ollioules ils empruntent la route d'Evenos où les soldats du chef d’escadrons Mauche neutralisent le fort de Pipaudon. La place est libérée, on y installe alors des canons américains de défense antiaérienne.
fort pipaudon evenos fortification sere de rivieres
Le 05 décembre 2000, " le contre-amiral Claude Marcus, adjoint territorial du Commandant en chef pour la Méditerranée, a remis les clefs du fort de Pipaudon à M. Di Cristofaro, maire de la commune d'Evenos. La cérémonie s'est déroulée en présence de de nombreux élus représentant les communes voisines et le conseil général. La municipalité d'Evenos avait fait connaître à la Marine son intention de se porter acquéreur de l'ouvrage situé sur sa commune. Mais, jusqu'à ce jour, la préfecture maritime n'avait pu accéder à sa demande, une partie du fort étant occupée par des stocks militaires du commissariat de la Marine. " (magasine Cols Bleus, éd du 06/01/2001). Le fort est depuis utilisé par les services municipaux et pour des activités culturelles.

La maison du signal à Ollioules (télégraphe de Chappe).
télégraphe de Chappe Ollioules
Informations extraites du site de la FNAHR (Fédération Nationale des Associations de personnel de La Poste et de France Télécom pour la Recherche Historique) : Le télégraphe de Chappe était un moyen optique permettant de relayer un message de tours en tours. En 1821, il relie Toulon à Paris puis, en 1834, est connecté à Bordeaux. Il restera en service jusqu'en 1853, date d'arrivée du télégraphe électrique.

Son intérêt est surtout militaire, il permet au préfet maritime d'échanger "rapidement" un message avec l'état-major de la Marine à Paris; un message peut ainsi être relayé en 4 heures ! Trois relais existaient dans le Var : à La Cadière d'Azur, Ollioules et Toulon. A Toulon, le mât était installé sur la "Tour de l'horloge" (base navale de Toulon , terrain militaire) avant d'être déplacé en 1850 sur le  belvédère en toiture de la préfecture maritime. En 1842, un deuxième relais fut installé au fort Lamalgue...
telegraphe de chappe ollioules
Principe technique :
- Une traverse (régulateur) et deux ailes mobiles sont supportés par un mât et déclinent l'alphabet et les chiffres à partir de différentes positions.
- le mât est muni d’une échelle pour permettre l'accès aux éléments mobiles ;
- le régulateur, 4,60m de long par 0,35m, est fixé au mat, il pivote et tourne sur lui même ; il est utilisé dans quatre positions : horizontale, verticale et deux obliques ;
- deux indicateurs (ou ailes) de 2m de long et de 0,30m de large fixés aux extrémités du régulateur, également mobiles autour d’un axe ; ils pivotent par portions de 45°;
- deux contrepoids métalliques appelés “fourchettes” dans le prolongement de chaque aile, qui assurent l’équilibre et facilitent la manœuvre.
A l’exception des fourchettes métalliques, les pièces sont toujours en bois, peintes en noir pour bien se détacher sur le fond du ciel et d’un remplissage en lames de persiennes afin d’offrir le moins de prise possible au vent.

Extrait du site de Var Matin : " ... usé par les siècles, laissé à l'abandon, le télégraphe de Chappe menaçait de disparaître ... C'est pourquoi a été mise en place une campagne de travaux de consolidation de l'ouvrage. Débutés en octobre 2007, ils ont été livrés il y a peu et fort naturellement, ont donné lieu à une inauguration. C'est l'association "Les Chemins du patrimoine" présidée par Raoul Decugis, initiatrice de cette action en partenariat avec la commune, qui a mobilisé plus de 35 volontaires pour transporter sur les lieux 2 tonnes de matériel et matériaux : sable, chaux, ciments, échafaudages et outillages ..."

Le fort des Vieux Pomets

" Toulon 1751, plan et profils du fort des Vieux Pomets pour servir aux projets de 1752. "
Petit fort datant du milieu XVIIIème siècle, aujourd'hui propriété privée, les troupes du colonel de Linares y ont livré un rude combat contre les soldats allemands pendant la  libération de Toulon en août 1944.

Les 3ème et 4ème poudrières de la vallée du Las

La vallée du Las comptait 4 poudrières dont celle de Saint André qui date de la fin XIXème. Elles étaient toutes desservies par une voie ferrée aujourd'hui disparue.

La poudrière de Saint Pierre ou des Moulins, 4ème et dernière poudrière de la vallée du Las.
poudriere toulon saint pierre
Stèle à la mémoire des soldats tombés lors de l'attaque de la poudrière Saint Pierre à Toulon. En août 1944, il aura fallut deux jours de combat pour venir à bout des 700 soldats allemands qui protégeaient le stock de munitions entreposé dans différentes galeries percées sous les collines Saint Pierre, quartier nord de Toulon. Au cours de la bataille, une explosion provoqua l'effondrement d'une galerie qui renfermerait encore aujourd'hui, les corps de plusieurs soldats allemands. Le site est fermé au public, la dépollution du site n'est apparemment toujours pas assurée.

Les fortifications du Mont Caume
fort mont caume


Autre colline stratégique de l'aire toulonnaise : le Mont-Caume. Il est protégé, comme le Coudon et le Gros Cerveau, par deux ouvrages (ouvrage ouest et ouvrage est) construits entre 1887 et 1890 aux extrémités est (en arrière plan sur la photo) et ouest (premier-plan) de la ligne de crête.



Ouvrage Ouest. Entre le deux places fortifiées, plusieurs plates-formes et aménagements connexes ont accueilli des canons de 95 mm et 2 mortiers.

L'ouvrage est.
fort Mont Caume
Plusieurs meurtrières sont fictives.

Cuve pour canon.


Les forts du Coudon : le fort Girardon - le fort du Baou pointu
Progrès de l'artillerie faisant, le besoin d'éloigner les places fortes protégeant Toulon font l'objet d'études dès 1867, elles concernent alors la création de fortifications sur La Colle Noire, le Mont Caume, le Croupatier, le Gros Cerveau, le Thouars, Six-Fours et le Coudon. En 1878, le projet de fortification du Coudon est approuvé autour d'un fort à l'Est (aujourd'hui Fort Girardon) associé à des batteries dont le fortin du Bau Pointu (initialement Ouvrage de la Bergerie). 
forts du mont coudon
La construction du fort Girardon a commencé en 1879 et s'est achevée en 1884. " Après 1883, l'effectif total de la garnison d'artillerie était fixée à 336 hommes. L'artillerie des ouvrages du Coudon comprenait deux canons de 24 cm, seize canons de 155, quatre canons de 120, quatre canons de 7 cm et deux mortiers de 22 cm. Le fort Est n'étant armé que de huit canons de 155 et de deux canons de 7 cm. Le poids total de poudre que pouvait contenir le magasin à poudre (la plus grande salle en casemate) était de 146 tonnes. " (Cols Bleus - ed du 30/07/1983).

En 1943, une garnison de la Kriegsmarine allemande occupe le fort. Ce dernier sera repris le 21 août 1944, par le capitaine Ducournau, à la tête d'un commando de choc des Commandos d'Afrique, mais des hommes vont tomber, dont le lieutenant Girardon. Hommage lui sera rendu en 1946, le Fort de l'Est et rebaptisé Fort du Lt Girardon.
fort lieutenant girardon fort coudon
Après s'être égaré dans son approche le 20 août 1944, le Groupe des Commandos d'Afrique décide d'attaquer le fort le lendemain 21. Le colonel Bouvet a confié le commandement des 1er et 3ème Commandos de l'opération au capitaine Ducourneau qui s'était déjà illustré au fort blockhaus de Mauvanne.

Après quelques escarmouches contre des patrouilles allemandes, les unités de tête sont à proximité immédiate de l'ouvrage mais la garnison bloque leur avance. C'est alors que Ducourneau décide d'escalader la muraille nord avec les sections Chauchon et Maury. Il se déchausse et escalade le premier la muraille, pieds nus, profitant des pavés de l'arête du fort, et lance en bas une corde qui permet à un groupe de le rejoindre dans le fort, tandis que d'autres s'infiltrent par un pan de mur effondré, découvert par le sergent-chef du Bellocq ; à l'aplomb d'une faille inaccessible.


Le Lieutenant Girardon et le 3ème Commandos pénètrent par la face sud à l'aide d'une échelle trouvée sur place. L'ennemi ne s'aperçoit de l'invasion que lorsque les premiers coups de feu éclatent. Les Français se lancent alors à l'assaut des 120 marins de la Kriegsmarine retranchés dans le fort. On se bat au corps à corps dans la première enceinte puis dans les galeries souterraines qui sont nettoyées à la grenade.

A 15h30, le commandant du fort lance par fusée le signal "tirez sur nous". Les projectiles fusants sont meurtriers pour les 2 camps. Le lieutenant Girardon est tué, le capitaine Dicourneau et le sous-lieutenant Maury blessés. Sur les 120 hommes de la Kriegsmarine qui occupaient le fort, six seulement sont trouvés indemnes. A 17h, le fort du Coudon est redevenu Français.

" le G.C.A. et son chef, Bouvet, participèrent au grand défilé de la victoire, dans Toulon libéré, pour célébrer la première grande victoire de la Première Armée française en territoire métropolitain. " (Commandant A.  Maury).


Plaque commémorative au fort du Coudon

COUDON : fort du Bau Pointu
fort bau pointu coudon
Extrait du site Index de la Fortification Française de 1874 à 1914 : construit en 1884 - 643 m/alt. Implanté sur l'arrête Ouest du mont Coudon dont il protège les approches avec le fort du Coudon et ses autres batteries. ...

Continuez avec :
- la Rade de Toulon : Balaguier, l'Eguillette, le fort Napoléon, la Tour Royale, le fort Saint Louis, le fort du Cap Brun et sa batterie basse.
- Mont Faron : la tour Beaumont, la caserne centrale, Croix-Faron, Fort-Faron, Gd St Antoine, tour de l'Hubac, d'Artigues, Ste-Catherine et Lamalgue.
- Le fort de Six Fours, les batteries de Peyras, du Cap Nègre, et du cap Vieux ; le poste de direction de tir de Montjoie ; le fort de la Pointe de la Cride.
- A l'est de de Toulon : les forts de la Colle Noire, la Gavaresse, la Bayarde et plus à l'est : au Cap Bénat et la batterie de Mauvanne.
- Les 3 forteresses d'Evenos.

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